Qu’est-ce qu’un OPCI ? Définition, analyse 2020 et avis

Les Organismes de Placement Collectif en Immobilier (OPCI) sont des fonds immobiliers. A l’origine, ils ont été créés pour remplacer les Sociétés Civiles de Placement en Immobilier (SCPI). Finalement, ils cohabitent depuis sans non plus faire de l’ombre à celles-ci. En 2019, la capitalisation cumulée des OPCI atteignaient 18,4 milliards tandis que les SCPI représentaient 65,2 milliards d’euros.

Comme pour une SCPI, l’objectif d’un OPCI est l’investissement dans un parc immobilier par l’intermédiaire d’un véhicule collectif d’investissement.

 

1. Définition d’un OPCI

Un Organisme de Placement Collectif en Immobilier (OPCI) est avant tout un investissement diversifié majoritairement en immobilier. Il est géré par une société de gestion agréée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF)  (Ordonnance n° 2005-1278).  Les actifs qui le composent sont des immeubles voire des sociétés immobilières.

Un OPCI est assimilé à de la “pierre papier”. Il a des atouts non négligeables puisqu’au-delà de déléguer la gestion d’un parc immobilier à un professionnel comme cela pourrait être le cas dans une SCPI ou une SCI, un OPCI permet potentiellement à son gérant d’investir une part significative dans des actifs purement financier (actions, OPCVM…). Cela le rend parfois plus rentable que les autres catégories de foncières non cotés. Cela le rend aussi plus volatile mais potentiellement plus performant sur du long terme.

Un autre de ses avantages est la mutualisation des risques puisqu’un OPCI est diversifié typologiquement, sectoriellement et géographiquement.

Contrairement aux SCI ou aux SCPI, un OPCI est une solution hybride : c’est un cas exclusif. Il peut hypothétiquement être couplé avec des actifs financiers : cela permet de booster le rendement et de profiter d’un rebond des marchés financiers tout en bénéficiant de l’attrait moins volatile et tangible de l’immobilier.

Afin de rendre le fonds plus liquide, il est obligatoire pour un OPCI de stocker une part de votre montant investi en liquidité afin de garantir votre sortie. Ainsi vous pouvez récupérer votre argent quand vous l’entendez. L’investissement dans un OPCI se fait à travers un compte-titres ou une assurance vie, vous pouvez donc vendre vos lignes investies en OPCI facilement. La flexibilité est un des objectifs de ce type de fonds.

Suivant l’OPCI, on trouve des versements minimum de quelques centaines d’euros et jusqu’à 5000 € minimum.

2. La composition d’un OPCI

Si la comparaison par rapport aux SCPI est facile, un OPCI est régi par un cadre de loi spécifique structurant sa composition. En effet, les gérants se doivent d’investir 60 % minimum dans des actifs immobiliers, directement (acquisition d’immeuble physique) ou indirectement en prenant des participations dans le capital des sociétés immobilières. Un OPCI est avant tout un Organisme de Placement Collectif.

L’ASPIM (Association française pour les Sociétés de Placement Immobilier) définit les activités des OPCI comme telles :

  • à titre principal, l’investissement dans des immeubles ou leur construction, leur gestion.
  • à titre simplement “accessoire” (secondaire), la gestion d’instruments financiers et de dépôts.

On y voit ici la typologie d’actifs financiers simplement comme une variable d’ajustement. L’activité de marchand de biens ainsi que de promotion immobilière lui est totalement interdite.

Il existe dans la législation, deux catégories distinctes.

3. Les deux catégories d’OPCI

  • Les SPPICAV (Société à Prépondérance Immobilière à capital Variable), très proche des SICAV.

Les personnes qui y investissent deviennent des actionnaires. Comme tout actionnaire, celui d’une SPPICAV a des droits lors de l’assemblée générale.

  • Les FPI (Fonds de Placement Immobilier)

Les individus qui y investissent sont quant à eux des porteurs de parts.

Comme il ne s’agit pas d’actions, contrairement au premier cas, ils n’ont pas de droits de décision, de contrôle. Il y a un agrément obligatoire à l’AMF.

Dans un FPI, la loi dit que le fonds doit être composé de 60 % d’immobilier. Dans une SPPICAV, elle précise que la « teneur » en titres de SIIC (foncières cotées), les SCPI, SCI ou OPCI doivent être au moins de 51 %.

La part d’actifs financiers peut être au maximum de 40 %, en considérant que 5 % soit alloué pour la trésorerie. Il reste donc 35 % à investir dans des actions, OPCVM ou des instruments financiers…

Enfin, il y a une obligation de détenir 10 % en dépôt à terme de moins de 12 mois et en liquidité afin de garantir la liquidité du fonds.

Un OPCI peut utiliser l’effet de levier du financement à hauteur de 40 % maximum.

4. Pour synthétiser l’OPCI

Un OPCI est composé de :

  • 60 % d’immobilier minimum et 90 % au maximum
  • Entre 0 et 35 % d’actifs financiers
  • 5 % minimum de trésorerie

Ils sont au nombre de 18 OPCI actuellement, distribués par 14 sociétés de gestion.

Généralement on trouve des OPCI diversifiés sur de l’immobilier d’entreprise. Il existe également des OPCI qui ne vont qu’investir dans ce type d’actifs et se désintéressent à la partie financière. Les gérants profitent du cadre juridique de l’OPCI pour proposer un véhicule mieux adapté à leur stratégie.

Il existe un OPCI spécialisé dans le meublé. Il n’est cependant pas éligible aux enveloppes habituelles. Les biens immobiliers investis sont meublés. L’OPCI est investi dans des résidences de service.

Les OPCI sont majoritairement spécialisés dans l’immobilier d’entreprise. On trouve au sein de leurs actifs des commerces, des bureaux mais également des biens de santé. Certains OPCI sont spécialisés dans les EHPAD. C’est le cas de SILVER GENERATION ou dans les résidences de service (LF CERENICIMMO +).

Les principales sociétés de gestion d’OPCI (14 en tout)

  • AMUNDI
  • SWISS LIFE
  • AEW CILOGER
  • LA FRANCAISE REM
  • PRIMONIAL
  • GROUPAMA
  • BNP
  • AXA REIM SGP
  • A PLUS FINANCE
  • SOFIDY
  • KYANEOS Résidence
  • Société CLEAVLAND

5. La distribution des revenus

Les OPCI ont l’obligation légale de distribuer une portion des revenus locatifs et la plus-value engendrée.

Pour les FPI, 85 % des revenus locatifs ou 85 % du résultat doit être distribué !

Concernant les SPPICAV, la totalité des dividendes et 50 % des plus-values de cession doivent être distribués. 85 % des actifs nets le doivent également.

La performance

En 2019, les OPCI ont en moyenne distribué 5,19 %. Cela est dû à l’excellente année globale des marchés.  Elle était de 1,2 % en 2018. et de 3,97 % en 2017. Il y a donc de la volatilité mais des performances positifs en moyenne.

Pour établir une comparaison, les SCPI ont distribué une moyenne de 4,40 % en 2019. La revalorisation moyenne de la part a été quant à elle de 1,2 %.

Les frais

L’investissement porte sur de l’immobilier, il y a donc des frais de notaire à “amortir”. La structure des frais est bien différente de ceux que l’on retrouve pour les SCPI. Au niveau des frais d’acquisition, ils sont plus faibles car on les trouve autour des 3,5 %. Les frais de gestion sont quant à eux plus importants car souvent au-dessus de 2 %.

Si on les compare aux SCPI, il y a de vraies différences de fonctionnement. Les frais d’acquisition sont plus importants : entre 7 et 12 % du montant de la part tandis que les frais de gestion sont plus faibles : autour des 0,5-0,7% par an.

6. Les rendement 2019 des OPCI

OPCI

On peut constater les variations des rendements annuels pouvant être négatifs mais également au-delà des 6 % brut.

Cette variation est due évidemment à la partie financière (actions, OPCVM…) mais également aux foncières cotées, par exemple. Le risque entre les OPCI elles-mêmes varient en fonction de sa typologie et de son endettement, principalement.

Les documents réglementaires

  • Le Document d’Information Clé DIC au format PRIIPS : c’est la synthèse informationnelle nécessaire à l’appréhension du fonds. Ce document met en avant les objectifs et la politique d’investissement, le risque et les performances visées et passées.
  • Le prospectus : ce document concerne la réglementation du FPI.
  • Le dernier rapport annuel : il s’agit ici du rapport de gestion, les comptes certifiés….
  • Le bulletin de souscription

7. La fiscalité

Elle dépend de votre investissement. Si l’OPCI est placé dans un contrat d’assurance vie ou de capitalisation, la plus-value rachetée dépendra de l’antériorité de votre contrat.

Pour ce qui est d’une détention en direct, les OPCI sont soumis à la flat tax ou Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) soit 30 % en tout sur la plus-value rachetée (correspondant à la part rachetée). C’est donc une fiscalité souvent plus faible que pour une SCPI, soumise à votre Tranche Marginale d’Imposition (majorée des prélèvements sociaux) si vous détenez vos parts en direct ou propre à votre contrat d’assurance vie si elles sont investies par ce biais.

Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)

L’IFI est calculé sur la fraction investie en immobilier. Un document vous est distribué par le gérant. Ce dernier stipule le montant à déclarer dans l’assiette taxable. Il représente évidemment la quote-part d’immobilier dans le prix de l’action d’OPCI ou de la part.

8. Avantages et inconvénients des OPCI

Les avantages

  • Ticket d’entrée faible donc très modulable
  • Diversification d’actifs immobiliers et financiers
  • Sécurisation de l’immobilier d’entreprise et rendement boosté par le financier
  • Liquidité
  • Sécurisation : le couple rendement-risque est très favorable (même si comme dans tout actif, il y a un certain nombre de risque)
  • Véhicule d’investissement régi par l’AMF
  • Frais d’acquisition plus faibles que les SCPI
  • Produit tout-en-un
  • Délégation de votre investissement à des professionnels
  • Frais d’acquisition faibles

Les inconvénients

  • Lisibilité et multigestion : pourquoi ne pas avoir des parts de SCPI et une allocation purement financière ?
  • Volatilité.
  • Frais de gestion souvent élevés.

9. Notre avis

La question que je me pose est de savoir s’il est logique d’investir dans un OPCI ou de faire son allocation dans des SCI ou SCPI et de les coupler avec un OPCVM dans un contrat d’assurance vie ?

Nous avons vu que les frais sont allégés car la liquidité accrue par rapport à d’autres véhicules d’immobilier géré. C’est le maillon entre la SCPI et le placement financier. Dans la mesure où il faut une double compétence (financière et immobilière), il y a relativement peu d’OPCI sur la place.

Selon moi, la réponse se retrouve dans le temps d’investissement, le but et la fiscalité. L’utilisation peut être différente suivant les cas et on peut trouver une complémentarité. Il faut faire le calcul suivant l’usage. Dans la plupart des cas, nous choisissons d’opter pour une SCP ou une SCI et une allocation d’actif mais certains OPCI ont des qualités indéniables.

Un OPCI permet une diversification supérieure aux SCPI ou SCI, de telle sorte qu’investir dans des foncières cotées (SIIC) ou dans des valeurs mobilières lui est possible. Cela rend son potentiel plus important.

Conclusion

Un OPCI est donc un investissement hybride avec une prépondérance immobilière. Elle garantit une certaine liquidité et permet au gré des stratégies et des perspectives, de minorer ou maximiser les placements financiers en son sein. Si cela est cohérent, les performances seront supérieures à l’immobilier sur du long terme. Il faut y voir l’investissement financier dans ce cadre comme un curseur.

Par rapport à cela, on peut quand même se poser la question d’investir dans des SCPI ou SCI (voire SCP) qui montre une exclusivité immobilière et le coupler avec des solutions financières ?

C’est une solution alternative aux OPCVM et aux SCPI, traditionnellement utilisée dans l’allocation d’actifs.

Il faut avoir à l’esprit que malgré la liquidité accrue qui les caractérisent, les OPCI sont des actifs immobiliers. L’horizon de placement est donc supérieur à 7 ans.

Pour avoir des informations complémentaires et que l’on vous accompagne dans la gestion de votre assurance vie, n’hésitez pas à nous solliciter.  

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