Que faire en cas de krach boursier ?

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Que faire en cas de krach boursier ? Guide complet 2026 | Comment Bien Investir
Gestion de patrimoine
Que faire en cas de krach boursier ?
Stratégies et réflexes à adopter face à une chute brutale des marchés financiers
Par Benoît Richard, CGPI Mis à jour le 21 février 2026 Lecture : 7 min

Que faire en cas de krach boursier ? La question revient cycliquement, mais elle n'est jamais abstraite pour ceux qui vivent ces épisodes en direct. En avril 2025, les marchés mondiaux ont subi une violente secousse : en quelques jours, les principaux indices ont perdu jusqu'à 15 % de leur valeur, sous l'effet d'une escalade brutale des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine — ce que les médias ont surnommé le « Trump Krach ». Un rappel brutal que les krachs ne préviennent pas.

La meilleure réponse à un krach boursier se prépare longtemps à l'avance. Elle doit être abordée entre client et conseiller, car un patrimoine diversifié et une stratégie cohérente sont la première ligne de défense. C'est capital.
–15 % Chute des indices lors du krach d'avril 2025
21,5x Ratio cours/bénéfices S&P 500 (vs 15,8x en moyenne historique)
10 ans Durée de report des moins-values sur compte-titres ordinaire

1. Réagir pro-activement au début — ou ne plus réagir du tout

Un krach boursier est un effondrement soudain des marchés financiers, généralement supérieur à 20 % sur une courte période. Ce qui caractérise le krach d'avril 2025, c'est la nature de son déclencheur : non pas une crise économique interne, mais une décision politique — l'annonce de droits de douane massifs par l'administration Trump vis-à-vis de la Chine et de plusieurs partenaires commerciaux. Le Dow Jones a perdu plus de 4 000 points en deux jours, et le S&P 500 a chuté de plus de 10 % en quelques séances. Les marchés ont réagi en quelques heures, sans laisser aux investisseurs le temps de s'ajuster.

En ce début 2026, les facteurs de vulnérabilité des marchés demeurent nombreux : valorisations boursières élevées (le ratio cours/bénéfices du S&P 500 dépasse 21x, très au-dessus de sa moyenne historique de 15,8x), bulle potentielle autour de l'intelligence artificielle, tensions géopolitiques persistantes (Ukraine, Moyen-Orient, protectionnisme américain), et incertitudes liées aux décisions de la Réserve fédérale.

Quelle attitude adopter face à un krach boursier ?

La meilleure chose, si on ne peut être proactif ou si on ne l'a pas été, est tout simplement de ne rien faire. Même si notre nature à vouloir sauver ce qui peut l'être encore nous conjure à l'action, céder à la panique ne peut avoir qu'un effet destructeur. La bourse a ses raisons que la raison doit ignorer.

La remontée des marchés est de la même essence que leur baisse. Après le krach d'avril 2025, les marchés se sont progressivement redressés au fil des mois suivants — comme ils l'ont fait après 2020, après 2008, après chaque épisode majeur. Ceux qui ont arbitré en panique ont souvent manqué le rebond des semaines suivantes.

La meilleure solution, hormis de ne rien faire, est de tout faire pour s'y préparer. Lorsque le krach commence, il est souvent déjà trop tard. Vous devrez attendre sa sortie et patienter.

Si votre stratégie patrimoniale est cohérente avec votre profil de risque et votre horizon d'investissement, vous saurez vous résoudre à lâcher prise dans ces moments d'incertitude. Les marchés réagissent par définition de manière plus puissante que l'économie réelle dont ils sont, en partie, le reflet.

Le contexte des marchés financiers en 2025-2026

La période actuelle est marquée par une dualité inédite. D'un côté, les marchés américains ont enchaîné plusieurs années de hausse portées par l'euphorie autour de l'intelligence artificielle et les investissements massifs des GAFAM. De l'autre, des signaux d'alerte s'accumulent : niveaux de valorisation proches de ceux observés avant la bulle internet de 2000, concentration excessive sur quelques valeurs tech, retour du phénomène FOMO chez les investisseurs particuliers, et dérégulation financière qui fait craindre un retour à des pratiques risquées.

L'or a atteint des niveaux records en 2025, mais avec une volatilité désormais plus marquée qu'historiquement — il ne s'agit plus d'un actif purement stable. Ce qui reste vrai, en revanche : lors des baisses significatives des marchés boursiers, l'or tend à progresser en sens inverse, jouant son rôle d'amortisseur. Cette corrélation négative avec les actions en fait un outil de diversification pertinent, à intégrer en proportion raisonnée dans une allocation patrimoniale équilibrée.

Comment protéger son patrimoine avant un krach boursier ?

C'est en amont que vous absorbez le risque de volatilité. Il est essentiel de se projeter sur une durée longue et d'établir votre profil de risque, c'est-à-dire votre appétence à la volatilité de votre portefeuille. Jusqu'à quel point votre psychologie accepte-t-elle une baisse plus ou moins radicale de la valeur de vos avoirs ?

La mutualisation du risque est l'une des clés de votre gestion de patrimoine. Concrètement, diversifier avant un krach boursier passe par :

1
Actifs décorrélés des marchés cotés : les SCPI ont montré une résilience notable face aux soubresauts boursiers. Leur valorisation repose sur des actifs immobiliers physiques avec des revenus locatifs réguliers, peu affectés par la volatilité des marchés financiers.
2
L'or, valeur refuge à manier avec discernement : l'or présente aujourd'hui une volatilité plus élevée qu'auparavant, et ne doit pas être idéalisé comme un rempart absolu. Il conserve néanmoins une propriété historiquement vérifiée : lors des baisses marquées des marchés boursiers, l'or tend à progresser en sens inverse. Cette corrélation négative avec les actions en reste le principal atout en termes de diversification. À intégrer en proportion mesurée dans une allocation, via un ETF or ou sous forme physique.
3
Private equity et fonds obligataires à maturité définie : des horizons d'investissement longs qui permettent de s'abstraire des turbulences court terme des marchés cotés et de viser des rendements décorrélés.
4
Diversification géographique et sectorielle : les tensions commerciales de 2025 l'ont confirmé — une concentration excessive sur les actions américaines ou technologiques amplifie l'exposition aux chocs géopolitiques. Répartir entre zones euro, émergents et secteurs défensifs réduit l'impact d'un choc régional.

Utiliser les moins-values d'un krach boursier pour réduire ses impôts (compte-titres)

Sur un compte-titres ordinaire, un krach boursier offre une opportunité fiscale à saisir. Une moins-value fiscale est constatée lorsque vous vendez un actif à un prix inférieur à son prix d'achat. Cette différence est imputable sur les plus-values réalisées dans l'année ou dans les dix années suivantes.

Exemple chiffré

Vous avez acheté des titres pour 35 000 €. Lors d'un krach, leur valeur chute à 28 000 €. En vendant, vous constatez une moins-value de 7 000 €.

En rachetant immédiatement des actifs équivalents, vous bénéficiez de cette moins-value reportable pendant 10 ans. Si vous avez par ailleurs réalisé une plus-value de 5 000 € sur d'autres lignes, vous n'aurez aucune fiscalité à payer (5 000 € – 7 000 € = solde négatif imputable).

Il n'y a en revanche pas de déductibilité sur le revenu global.


2. Comment investir pendant ou après un krach boursier ?

Une période de correction ou de krach peut, paradoxalement, représenter une opportunité d'investissement pour ceux qui ont conservé des liquidités — sur fonds en euros, livrets réglementés ou trésorerie. Investir après un repli significatif, c'est diversifier ses points d'entrée et bénéficier de valorisations plus raisonnables.

Dans un krach, la paralysie touche l'ensemble des classes d'actifs, même les plus solides. Mais cette contagion est en général temporaire. Les valeurs de qualité, les entreprises aux fondamentaux robustes et les actifs réels reprennent leur tendance de long terme une fois la panique dissipée.

C'est notamment le moment de s'intéresser aux versements réguliers programmés (méthode DCA — Dollar Cost Averaging), qui permettent de lisser le prix d'achat et de réduire l'exposition au mauvais timing de marché. Cette approche est accessible via une assurance vie ou un PER.

Des opportunités lors d'un krach boursier ?

Certains instruments permettent de tirer parti d'un marché en baisse, mais ils sont par nature spéculatifs et réservés aux investisseurs avertis : ETF à indice inversé, options, produits à effet de levier. Ces outils ne s'intègrent pas dans une stratégie patrimoniale de long terme.

En revanche, plusieurs solutions méritent l'attention après un repli des marchés :

1
Produits structurés à capital protégé : leur intérêt est maximal lorsque les marchés ont corrigé. Ils offrent un rendement conditionnel connu à l'avance tout en limitant le risque de perte en capital, selon la formule choisie. Nous en sélectionnons régulièrement lors des phases de marché déprimé.
2
OPCVM et fonds obligataires datés : les fonds obligataires à maturité définie offrent une visibilité sur le rendement et une protection naturelle si conservés jusqu'à échéance, quel que soit le contexte boursier intermédiaire.
3
FCPR et private equity : un krach boursier peut créer des points d'entrée attractifs sur des actifs non cotés, avec des horizons de détention de 5 à 10 ans qui permettent de traverser les cycles.

Conclusion : préparer son patrimoine avant le prochain krach

Lors d'un krach boursier, il ne faut pas céder à la panique. Certains médias jouent sur la peur pour capter l'attention, amplifiant ainsi les réactions émotionnelles des investisseurs. La meilleure réponse reste toujours celle qui a été construite en amont : une stratégie patrimoniale diversifiée, cohérente avec votre profil de risque et votre horizon de placement.

Le krach d'avril 2025 l'a rappelé avec force : les marchés peuvent chuter brutalement et sans préavis, quel que soit le catalyseur — sanitaire en 2020, géopolitique en 2022, commercial en 2025. La différence entre ceux qui traversent ces épisodes sereinement et les autres tient rarement à leurs choix en temps de crise — elle tient à la qualité de leur préparation.

N'investissez jamais plus que ce que vous pouvez immobiliser sur le long terme. C'est une règle simple, mais c'est la plus efficace.

Votre patrimoine est-il bien préparé face à la prochaine crise ?

Chaque situation est différente. Un conseil personnalisé vous permettra de savoir concrètement quels ajustements faire — avant que la prochaine turbulence ne survienne.

Être bien accompagné

Questions fréquentes sur le krach boursier

Que faire concrètement en cas de krach boursier ?

La meilleure réaction lors d'un krach boursier est souvent de ne rien faire si vous n'avez pas pu anticiper. Vendre après une chute de 15 à 20 % revient à cristalliser ses pertes et à rater la remontée qui suit généralement. La véritable préparation se fait en amont : diversifier son patrimoine, établir son profil de risque et définir un horizon d'investissement long terme.

Faut-il vendre ses actions pendant un krach boursier ?

Non, en règle générale, vendre pendant un krach boursier est une erreur. Ceux qui ont soldé leurs positions en panique lors du krach d'avril 2025 ont souvent manqué le rebond des semaines suivantes. Sauf besoin urgent de liquidités ou stratégie fiscale délibérée (moins-values à constater sur compte-titres), il est préférable de patienter.

Comment protéger son patrimoine avant un krach boursier ?

Pour protéger son patrimoine face à un krach boursier, il faut diversifier entre plusieurs classes d'actifs : actions et obligations (marchés cotés), SCPI et private equity (actifs décorrélés), or (valeur refuge), et fonds en euros ou livrets (actifs sécuritaires). La diversification géographique et sectorielle réduit également le risque de concentration.

Est-ce une bonne opportunité d'investir pendant un krach boursier ?

Oui, un krach boursier peut représenter une opportunité pour les investisseurs disposant de liquidités. Les marchés baissés offrent des points d'entrée plus attractifs. Les investissements progressifs (DCA) permettent de lisser le prix d'achat. Les produits structurés à capital protégé et les fonds obligataires datés sont particulièrement intéressants lorsque les marchés ont corrigé.

Peut-on utiliser les moins-values d'un krach boursier pour réduire ses impôts ?

Oui, sur un compte-titres ordinaire, les moins-values constatées lors d'un krach boursier sont imputables sur les plus-values de l'année ou des 10 années suivantes. En vendant un actif en perte et en le rachetant immédiatement, vous stockez une moins-value reportable sans modifier significativement votre exposition au marché.

Les SCPI sont-elles protégées en cas de krach boursier ?

Les SCPI offrent une décorrélation naturelle par rapport aux marchés actions car leur valorisation repose sur des actifs immobiliers physiques et des revenus locatifs. Elles ne sont pas immunisées contre toute correction, mais elles subissent généralement bien moins les chocs boursiers que les actions cotées, ce qui en fait un pilier de diversification patrimoniale.

Préparez votre patrimoine avant le prochain krach

Nos conseillers CGPI vous accompagnent pour construire une allocation patrimoniale résiliente, diversifiée et adaptée à votre profil de risque.

1 réflexion au sujet de « Que faire en cas de krach boursier ? »

  1. Toujours rester zen, c’est la meilleure des attitudes. Ne surtout pas cédez à la panique car on fera automatique des choses que l’on regrettera après. Merci pour l’article très intéressant !

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