La fiscalité sur la plus-value immobilière

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Plus-value immobilière : calcul, fiscalité et exonérations (2026)
Mis à jour - Février 2026

La fiscalité sur la plus-value immobilière

Calcul de la plus-value, abattements pour durée de détention, exonérations, surtaxe et réforme PLF 2026 : tout comprendre pour optimiser la fiscalité de votre cession immobilière.

Principe et taux d'imposition de la plus-value immobilière

Lors de la cession d'un bien immobilier détenu par une personne physique dans le cadre de la gestion de son patrimoine privé, la plus-value immobilière réalisée est soumise à deux impositions distinctes : l'impôt sur le revenu (IR) et les prélèvements sociaux (PS).

La taxation sur la plus-value immobilière s'applique à toute cession à titre onéreux de biens immobiliers (appartement, maison, terrain à bâtir, terrain agricole, forêt), de droits immobiliers (usufruit, nue-propriété, servitudes) ou de parts de sociétés civiles immobilières non soumises à l'impôt sur les sociétés.

19 %
Impôt sur le revenu
18,6 %
Prélèvements sociaux (CSG-CRDS)
37,6 %
Taux global (avant abattements)

Bon à savoir : le notaire se charge automatiquement du calcul de la plus-value immobilière et du prélèvement de l'impôt correspondant lors de la signature de l'acte de vente définitif. Il transmet le formulaire 2048-IMM aux services fiscaux compétents.

Calcul de la plus-value immobilière brute

Le calcul de la plus-value immobilière s'effectue en déterminant la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition du bien, chacun pouvant être ajusté de certaines charges et frais.

Plus-value brute = Prix de cession (minoré) − Prix d'acquisition (majoré)

Le prix de cession

Le prix de cession correspond au prix de vente indiqué dans l'acte notarié. Il peut être minoré des frais supportés par le vendeur :

  • Frais liés aux diagnostics obligatoires (DPE, amiante, plomb, etc.)
  • Commissions d'agence immobilière à la charge du vendeur
  • Indemnités d'éviction versées au locataire
  • Frais de mainlevée d'hypothèque

Le prix d'acquisition

Le prix d'acquisition correspond au prix d'achat figurant dans l'acte ou, en cas de succession ou donation, à la valeur retenue pour le calcul des droits de mutation. Il peut être majoré des éléments suivants :

  • Frais d'acquisition : frais de notaire et droits d'enregistrement, retenus pour leur montant réel sur justificatifs ou, à défaut, à un taux forfaitaire de 7,5 % du prix d'acquisition
  • Dépenses de travaux : travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration (hors travaux d'entretien et de réparation), sur justificatifs. En l'absence de justificatifs et si le bien est détenu depuis au moins 5 ans, un forfait de 15 % du prix d'acquisition peut être appliqué
  • Frais de voirie, de réseaux et de distribution

Forfaits cumulables : un vendeur ne disposant pas de justificatifs pour les frais d'acquisition et les travaux peut appliquer les deux forfaits (7,5 % + 15 %), soit une majoration totale de 22,5 % du prix d'acquisition, à condition de détenir le bien depuis au moins 5 ans.

Attention : les dépenses d'entretien et de réparation courante ne sont pas éligibles à la majoration du prix d'acquisition. Seuls les travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration sont pris en compte. Conservez précieusement vos justificatifs : l'administration fiscale peut les réclamer.

Abattements pour durée de détention

La plus-value brute est ensuite soumise à un abattement progressif pour durée de détention. Les taux d'abattement sont différents selon qu'il s'agit de l'impôt sur le revenu ou des prélèvements sociaux.

Abattement au titre de l'impôt sur le revenu (réforme PLF 2026)

Depuis la loi de finances pour 2026, l'exonération totale d'impôt sur le revenu sur la plus-value immobilière est atteinte après 17 ans de détention, contre 22 ans auparavant. Ce raccourcissement du délai vise à fluidifier le marché immobilier et à inciter les propriétaires de résidences secondaires ou de biens locatifs à vendre plus tôt.

Durée de détention Abattement par année Abattement cumulé
Moins de 6 ans 0 % 0 %
De la 6e à la 16e année 6 % / an 6 % à 66 %
17e année révolue 34 % 100 % (exonération)

Rappel de l'ancien barème : avant la réforme PLF 2026, l'abattement pour l'IR était de 6 % par an de la 6e à la 21e année, puis 4 % la 22e année, pour une exonération totale après 22 ans de détention.

Abattement au titre des prélèvements sociaux (barème inchangé)

Le barème d'abattement pour les prélèvements sociaux appliqués à la plus-value immobilière reste identique. L'exonération totale de prélèvements sociaux n'est acquise qu'après 30 ans de détention.

Durée de détention Abattement par année Abattement cumulé
Moins de 6 ans 0 % 0 %
De la 6e à la 21e année 1,65 % / an 1,65 % à 26,40 %
22e année révolue 1,60 % 28 %
De la 23e à la 30e année 9 % / an 37 % à 100 %
Au-delà de 30 ans 100 % (exonération)
Exemple de calcul

Vous vendez un investissement locatif acquis il y a 17 ans et réalisez une plus-value brute de 100 000 €.

Impôt sur le revenu : abattement de 100 % après 17 ans → plus-value imposable = 0 € → IR = 0 €
Prélèvements sociaux : abattement cumulé de 19,80 % (12 années × 1,65 %) → plus-value taxable = 80 200 € → PS = 80 200 × 18,6 % = 14 917 €

Grâce à la réforme PLF 2026, l'impôt sur le revenu est totalement effacé après 17 ans de détention. Seuls les prélèvements sociaux restent dus jusqu'à 30 ans.

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Le calcul de la plus-value immobilière et l'optimisation fiscale de votre cession peuvent être complexes. Un conseiller en gestion de patrimoine indépendant vous aide à identifier les abattements applicables, les exonérations possibles et les stratégies de réinvestissement adaptées à votre situation.

Surtaxe sur les plus-values immobilières élevées

Lorsque la plus-value nette imposable à l'impôt sur le revenu (après abattement pour durée de détention) excède 50 000 €, une surtaxe supplémentaire progressive s'applique. Cette taxe, toujours en vigueur en 2026, vient s'ajouter au taux d'IR de 19 %.

Plus-value nette imposable (PV) Montant de la surtaxe
De 50 001 € à 60 000 €2 % PV − (60 000 − PV) × 1/20
De 60 001 € à 100 000 €2 % de la PV
De 100 001 € à 110 000 €3 % PV − (110 000 − PV) × 1/10
De 110 001 € à 150 000 €3 % de la PV
De 150 001 € à 160 000 €4 % PV − (160 000 − PV) × 15/100
De 160 001 € à 200 000 €4 % de la PV
De 200 001 € à 210 000 €5 % PV − (210 000 − PV) × 20/100
De 210 001 € à 250 000 €5 % de la PV
De 250 001 € à 260 000 €6 % PV − (260 000 − PV) × 25/100
Supérieure à 260 000 €6 % de la PV

Le taux maximal d'imposition sur le revenu peut ainsi atteindre 25 % (19 % + 6 %) pour les plus-values les plus importantes, auxquels s'ajoutent les 18,6 % de prélèvements sociaux.

Abattement exceptionnel en zones tendues

Un abattement exceptionnel de 70 % (ou 85 % si le programme comporte au moins 50 % de logements sociaux) peut s'appliquer, sous conditions, pour les cessions de biens immobiliers bâtis ou de terrains à bâtir situés en zones A et A bis.

Le bien vendu doit être destiné à la démolition suivie de la reconstruction de logements collectifs. L'objectif est de libérer du foncier et d'augmenter l'offre de logements dans les zones où la demande est la plus forte. L'acquéreur doit s'engager à réaliser ces logements dans un délai de 4 ans à compter de la date d'acquisition.

Cas d'exonération de la plus-value immobilière

Outre l'exonération automatique acquise par la durée de détention (17 ans pour l'IR, 30 ans pour les PS), plusieurs situations ouvrent droit à une exonération totale ou partielle de la plus-value immobilière.

Exonérations liées au bien cédé

  • Résidence principale : la vente de la résidence principale et de ses dépendances (cave, garage, parking) est totalement exonérée de plus-value, sans condition de durée de détention ni de montant
  • Première cession d'un logement autre que la résidence principale : exonération si le produit de la vente est réinvesti dans l'acquisition d'une résidence principale dans les 24 mois, à condition de ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des 4 années précédentes
  • Bien dont le prix de vente est inférieur à 15 000 € (ce seuil s'apprécie bien par bien, et par quote-part en cas d'indivision)
  • Cession d'un droit de surélévation jusqu'au 31 décembre 2026
  • Échange de biens dans le cadre de certaines opérations de remembrement

Exonérations liées à la situation du vendeur

  • Retraités et invalides : exonération sous condition de revenus pour les titulaires d'une pension de retraite, de réversion ou d'une carte mobilité inclusion invalidité. Le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser les plafonds fixés (12 679 € pour la 1re part en 2023, + 3 397 € par demi-part supplémentaire)
  • Résidents en EHPAD ou établissement spécialisé : exonération sous conditions pour la vente de l'ancienne résidence principale dans un délai de 2 ans suivant l'entrée dans l'établissement, sous réserve de conditions de ressources et de non-assujettissement à l'IFI

Exonérations liées à l'acquéreur

  • Cession à un organisme de logement social (HLM, SEM, etc.) : exonération totale de la plus-value immobilière
  • Cession à un opérateur privé s'engageant à réaliser des logements sociaux dans un délai déterminé

Cas particulier : LMNP et réintégration des amortissements

Depuis le 15 février 2025, une réforme majeure concerne les loueurs en meublé non professionnel (LMNP). Les amortissements comptables déduits au titre du régime réel doivent désormais être réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière lors de la revente du bien.

Concrètement, cette réintégration vient minorer le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value, augmentant ainsi mécaniquement le montant de la plus-value taxable. Cette mesure modifie significativement le calcul fiscal de sortie pour les investisseurs en immobilier locatif meublé.

Exceptions : les résidences étudiantes, les résidences seniors et les EHPAD sont totalement exemptées de cette réintégration des amortissements LMNP.

À noter : l'exonération liée à la durée de détention continue de s'appliquer normalement. Un bien détenu plus de 30 ans reste totalement exonéré, y compris sur la fraction correspondant aux amortissements réintégrés. Par ailleurs, aucune plus-value n'est due en cas de donation ou de succession.

Questions fréquentes sur la plus-value immobilière

Comment calculer la plus-value immobilière en 2026 ?
La plus-value immobilière se calcule en soustrayant le prix d'acquisition (majoré des frais d'acquisition et des travaux éligibles) du prix de cession (minoré des frais de vente). Des abattements pour durée de détention s'appliquent ensuite : exonération totale d'impôt sur le revenu après 17 ans (réforme PLF 2026) et de prélèvements sociaux après 30 ans.
Quel est le taux d'imposition sur la plus-value immobilière en 2026 ?
En 2026, la plus-value immobilière est imposée à 19 % au titre de l'impôt sur le revenu et à 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG-CRDS), soit un taux global de 37,6 % avant application des abattements pour durée de détention. Une surtaxe de 2 % à 6 % s'ajoute si la plus-value nette dépasse 50 000 €.
La résidence principale est-elle exonérée de plus-value immobilière ?
Oui, la vente de la résidence principale et de ses dépendances (cave, garage, parking) reste totalement exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux en 2026, sans condition de durée de détention ni de montant. Le logement doit être votre habitation habituelle et effective au moment de la vente.
Après combien d'années est-on exonéré de la plus-value immobilière ?
Depuis la réforme PLF 2026, l'exonération totale d'impôt sur le revenu est acquise après 17 ans de détention (contre 22 ans auparavant). L'exonération de prélèvements sociaux reste inchangée à 30 ans de détention.
Qu'est-ce que la surtaxe sur les plus-values immobilières élevées ?
Lorsque la plus-value nette imposable à l'IR dépasse 50 000 €, une surtaxe progressive de 2 % à 6 % s'ajoute au taux de 19 %. Le taux maximal d'IR peut ainsi atteindre 25 % pour les plus-values supérieures à 260 000 €, auxquels s'ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux.
La réforme LMNP affecte-t-elle le calcul de la plus-value immobilière ?
Oui, depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits par les loueurs en meublé non professionnel (LMNP) au régime réel doivent être réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente. Cela majore la plus-value taxable. Les résidences étudiantes, seniors et EHPAD sont exemptées de cette mesure. Pour en savoir plus sur l'investissement immobilier, consultez notre page accompagnement immobilier.
Peut-on déduire les travaux du calcul de la plus-value immobilière ?
Seuls les travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration sont déductibles, sur présentation de justificatifs. Les travaux d'entretien et de réparation ne sont pas éligibles. À défaut de justificatifs, un forfait de 15 % du prix d'acquisition est applicable si le bien est détenu depuis au moins 5 ans, cumulable avec le forfait de 7,5 % pour les frais d'acquisition.

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Article mis à jour le 20 février 2026. Les informations présentées sont à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Certaines dispositions du PLF 2026 restent en attente de décrets d'application.

Sources : Service-Public.fr, CGI articles 150 U à 150 VH, Assemblée nationale amendement n°I-377.

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