COMMENT BIEN INVESTIR – Cabinet de gestion de patrimoine
Comment Bien Investir est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CGPI), enregistré CIF. Les produits présentés sur ce site le sont à titre informatif — nous les analysons et les sélectionnons pour vous, sans être liés à leurs émetteurs. Notre rôle : analyser votre situation et sélectionner sur l'ensemble du marché la solution la plus adaptée à vos objectifs.
La transmission de patrimoine : anticiper pour mieux protéger ses proches
Stratégies, outils et repères chiffrés pour transmettre votre patrimoine en réduisant les droits de donation et de succession
Mis à jour le 13 octobre 2026 · 20 min de lecture
Échange gratuit avec un conseillerComment transmettre son patrimoine en payant moins de droits ? En anticipant de son vivant. Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans sans droits, l'assurance vie permet de transmettre 152 500 € par bénéficiaire hors succession pour les primes versées avant 70 ans, et le démembrement fait porter les droits sur la seule nue-propriété. La SCI familiale, les groupements forestiers et le pacte Dutreil complètent ces leviers selon la nature du patrimoine.
Ce guide détaille le barème des droits, les abattements en vigueur en 2026 et chacune de ces solutions, avec des exemples chiffrés.
Comprendre la transmission de patrimoine
Les fondamentaux : enjeux, fiscalité, barème des droits de succession et abattements applicables
Pourquoi anticiper la transmission de son patrimoine ?
Transmettre son patrimoine ne se résume pas à un transfert d'actifs au décès. Il s'agit d'organiser, de son vivant, la répartition de ses biens entre ses héritiers tout en maîtrisant la charge fiscale. Sans anticipation, les droits de succession peuvent atteindre 45 % en ligne directe et 60 % entre personnes non parentes, amputant significativement le capital transmis.
La législation française offre cependant de nombreux outils pour réduire, voire annuler, cette fiscalité. L'essentiel réside dans l'anticipation : plus la transmission s'organise tôt, plus les possibilités d'optimisation sont importantes.
Les chiffres clés de la transmission en 2026
Comment sont calculés les droits de succession et de donation ?
Les droits de succession et de donation sont calculés selon un barème progressif qui dépend du lien de parenté entre le défunt ou le donateur et le bénéficiaire. Plus le lien est éloigné, plus la taxation est élevée, ce qui justifie une stratégie d'anticipation pour les patrimoines importants.
| Part taxable après abattement | Taux applicable |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Source : article 777 du Code général des impôts.
Quels droits selon le lien de parenté ?
Les transmissions en ligne directe bénéficient d'un barème progressif de 5 % à 45 %, quand celles entre frères et sœurs sont taxées entre 35 % et 45 %, et celles entre personnes non parentes à 60 %.
| Lien de parenté | Taux d'imposition |
|---|---|
| En ligne directe (parent et enfant) | De 5 % à 45 % (barème progressif) |
| Entre époux ou partenaires de PACS | Exonération totale en succession |
| Entre frères et sœurs | 35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 % |
| Entre parents jusqu'au 4e degré | 55 % |
| Entre personnes non parentes | 60 % |
Quels abattements pour transmettre sans droits ?
Chaque parent peut transmettre à chacun de ses enfants jusqu'à 100 000 € tous les quinze ans sans aucun droit. Pour un couple avec deux enfants, cela représente 400 000 € en franchise de droits sur cette période. Ces abattements se cumulent avec d'autres dispositifs, notamment les 31 865 € applicables aux dons de sommes d'argent sous conditions d'âge.
Les grands-parents bénéficient également d'un abattement spécifique de 31 865 € par petit-enfant, qui ouvre une transmission intergénérationnelle particulièrement avantageuse.
| Bénéficiaire | Abattement | Renouvellement |
|---|---|---|
| Enfant | 100 000 € | Tous les 15 ans |
| Petit-enfant | 31 865 € | Tous les 15 ans |
| Arrière-petit-enfant | 5 310 € | Tous les 15 ans |
| Conjoint ou partenaire de PACS | 80 724 € en donation, exonération totale en succession | Tous les 15 ans |
| Frère ou sœur | 15 932 € | Tous les 15 ans |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | Tous les 15 ans |
| Don familial de somme d'argent (donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur) | 31 865 € | Tous les 15 ans |
| Don de somme d'argent pour un logement neuf ou une rénovation énergétique de la résidence principale | 100 000 € par donateur, 300 000 € par bénéficiaire | Dons réalisés jusqu'au 31 décembre 2026 |
| Personne handicapée (en plus des autres abattements) | 159 325 € | Tous les 15 ans |
À saisir avant le 31 décembre 2026
Depuis le 15 février 2025, un parent ou grand-parent peut donner jusqu'à 100 000 € en franchise de droits à un enfant, un petit-enfant ou, à défaut de descendant, un neveu ou une nièce, pour financer l'achat d'un logement neuf ou en VEFA comme résidence principale, ou des travaux de rénovation énergétique. Les fonds doivent être utilisés dans les six mois. Ce don s'ajoute aux abattements habituels (article 790 A bis du CGI).
Bon à savoir
Les abattements se reconstituent tous les 15 ans et se cumulent entre eux. Une planification sur le long terme permet ainsi de multiplier les transmissions en franchise de droits et de transmettre un patrimoine conséquent sans fiscalité.
Donation ou succession : faut-il transmettre de son vivant ?
La transmission peut s'effectuer de deux manières : par donation du vivant du propriétaire, ou par succession à son décès. Chacune présente des caractéristiques distinctes qu'il convient de bien comprendre pour construire une stratégie efficace.
Les avantages de la donation
La donation permet de choisir le moment de la transmission et d'aider ses proches quand ils en ont le plus besoin, pour un premier logement ou la création d'une activité. Sur le plan fiscal, elle bénéficie des mêmes abattements que la succession, avec un avantage décisif : ils se renouvellent tous les 15 ans. Un parent qui commence à donner à 50 ans peut ainsi utiliser trois fois l'abattement de 100 000 € par enfant, à 50, 65 et 80 ans.
- Utilisation répétée des abattements, renouvelables tous les 15 ans
- Aide aux proches au moment opportun (achat immobilier, création d'entreprise)
- Gel de la valeur des biens au jour de l'acte en cas de donation-partage
- Possibilité de conserver l'usufruit (donation avec réserve d'usufruit)
- Pour une entreprise, réduction de 50 % des droits en cas de donation Dutreil en pleine propriété par un donateur de moins de 70 ans
- Anticipation et organisation sereine de la transmission
Les différents types de donations
La donation simple est un transfert définitif et irrévocable d'un bien. La donation-partage répartit le patrimoine entre les héritiers de manière définitive, en figeant les valeurs au jour de l'acte. La donation avec réserve d'usufruit transmet la nue-propriété tout en conservant la jouissance du bien. Enfin, la donation graduelle ou résiduelle organise une transmission en deux temps, à un premier puis à un second bénéficiaire.
Le présent d'usage
Le présent d'usage est un cadeau fait à l'occasion d'un événement particulier (anniversaire, mariage, diplôme) dont la valeur reste proportionnée aux revenus et au patrimoine du donateur. Il est exonéré de droits et n'est pas rapportable à la succession. Aucun montant n'est fixé par la loi : l'appréciation se fait au cas par cas.
Besoin d'un accompagnement personnalisé ?
La fiscalité de la transmission est complexe. Un échange gratuit permet d'analyser votre situation et d'identifier les leviers adaptés à votre famille.
Les solutions pour optimiser la transmission
Outils et stratégies : assurance vie, démembrement, SCI, SCPI, groupements forestiers et viticoles, et autres dispositifs
Pourquoi l'assurance vie est-elle l'outil de transmission le plus utilisé ?
Les capitaux issus des primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, totalement indépendant des abattements de droit commun. Au-delà, le prélèvement reste modéré comparé aux droits de succession classiques. Découvrez le fonctionnement de l'assurance vie.
L'assurance vie permet aussi de désigner librement ses bénéficiaires : un partenaire de PACS, un ami proche ou une association peuvent recevoir des capitaux dans des conditions fiscales favorables. Voir comment bien rédiger sa clause bénéficiaire, et comment aller plus loin grâce au démembrement de la clause bénéficiaire.
Les avantages de l'assurance vie pour la transmission
- Abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans
- Transmission hors succession grâce à la clause bénéficiaire
- Libre désignation des bénéficiaires, dans la limite des primes manifestement exagérées
- Prélèvement de 20 % seulement jusqu'à 700 000 € au-delà de l'abattement
- Clause bénéficiaire modifiable à tout moment
| Situation | Abattement | Taxation au-delà |
|---|---|---|
| Primes versées avant 70 ans | 152 500 € par bénéficiaire | 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % |
| Primes versées après 70 ans | 30 500 € pour l'ensemble des bénéficiaires, gains exonérés | Droits de succession selon le lien de parenté |
| Conjoint ou partenaire de PACS | Exonération totale | Aucune taxation |
Sources : articles 990 I et 757 B du Code général des impôts. Pour les versements après 70 ans, voir notre guide de l'assurance vie après 70 ans.
Comment le démembrement permet-il de transmettre en conservant l'usage ?
Le démembrement sépare la nue-propriété d'un bien de son usufruit. En donnant la nue-propriété à ses enfants et en conservant l'usufruit, le donateur continue à percevoir les revenus ou à occuper le bien. À son décès, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires. En savoir plus sur le démembrement immobilier.
L'avantage fiscal est important : la valeur de la nue-propriété dépend de l'âge de l'usufruitier selon un barème légal. Jusqu'à 60 ans révolus, elle représente 50 % de la valeur totale du bien, ce qui permet de transmettre un patrimoine immobilier important dans la limite des abattements. La technique s'applique aussi aux SCPI : voir notre simulateur de démembrement de SCPI.
Quel est le principe du démembrement ?
L'usufruit confère le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les revenus ; la nue-propriété représente la propriété du bien sans possibilité d'en jouir. La séparation prend fin au décès de l'usufruitier, moment où le nu-propriétaire devient automatiquement plein propriétaire, sans formalité ni taxation supplémentaire.
La technique s'applique à de nombreux biens : immobilier d'habitation ou locatif, parts de SCPI, portefeuilles de valeurs mobilières, parts de sociétés ou contrats de capitalisation. Ces derniers peuvent être donnés avec ou sans démembrement en conservant leur antériorité fiscale, qu'ils soient détenus par un particulier, une société à l'IR comme une SCI, ou une société à l'IS (voir le contrat de capitalisation).
Quels sont les avantages fiscaux du démembrement ?
Seule la nue-propriété étant transmise, les droits de donation sont calculés sur une valeur réduite, déterminée par le barème de l'article 669 du CGI selon l'âge de l'usufruitier au jour de la donation.
- Droits de donation calculés sur la seule nue-propriété
- Reconstitution de la pleine propriété au décès sans droits supplémentaires
- Conservation des revenus par le donateur pendant toute la durée du démembrement
- Cumul avec les abattements de droit commun
- La valorisation future du bien échappe aux droits
- Protection du conjoint survivant par la conservation de l'usufruit
Exemple illustratif
Un couple de 62 ans souhaite transmettre un appartement de 600 000 € à ses deux enfants. En pleine propriété, chaque parent donne 150 000 € à chaque enfant : après l'abattement de 100 000 €, 50 000 € restent taxables à chaque fois, soit 32 777 € de droits au total. En donnant la nue-propriété, valorisée à 60 % soit 360 000 €, chaque parent donne 90 000 € à chaque enfant : c'est sous l'abattement, aucun droit n'est dû. Les parents conservent l'usage du bien et l'économie atteint 32 777 €.
Qu'est-ce que le démembrement temporaire ?
Le démembrement peut aussi être constitué pour une durée déterminée. Des parents peuvent par exemple donner l'usufruit temporaire d'un bien locatif à un enfant étudiant pour 10 ans : l'enfant perçoit les loyers, souvent peu imposés compte tenu de ses faibles revenus, tandis que les parents conservent la nue-propriété. À l'issue de la période, l'usufruit s'éteint et les parents retrouvent la pleine propriété sans formalité. Fiscalement, un usufruit temporaire est évalué à 23 % de la valeur du bien par période de dix ans.
Quelles précautions prendre ?
Le démembrement est difficilement réversible. La répartition des charges entre usufruitier et nu-propriétaire doit être clairement définie, les grosses réparations incombant en principe au nu-propriétaire. La vente du bien nécessite l'accord des deux parties, ce qui peut créer des blocages en cas de mésentente familiale.
Il faut aussi prévoir le prédécès éventuel d'un nu-propriétaire : sa nue-propriété entre alors dans sa propre succession et peut se retrouver démembrée à son tour entre son conjoint et ses enfants.
| Âge de l'usufruitier | Valeur de l'usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans révolus | 90 % | 10 % |
| Moins de 31 ans révolus | 80 % | 20 % |
| Moins de 41 ans révolus | 70 % | 30 % |
| Moins de 51 ans révolus | 60 % | 40 % |
| Moins de 61 ans révolus | 50 % | 50 % |
| Moins de 71 ans révolus | 40 % | 60 % |
| Moins de 81 ans révolus | 30 % | 70 % |
| Moins de 91 ans révolus | 20 % | 80 % |
| 91 ans révolus et plus | 10 % | 90 % |
Comment la SCI familiale facilite-t-elle la transmission ?
La société civile immobilière familiale organise la détention et la transmission d'un patrimoine immobilier au sein d'une famille. En remplaçant la détention directe d'un bien par des parts sociales, elle offre une souplesse juridique et fiscale importante. Notre guide de la SCI familiale.
Comment fonctionne la SCI familiale ?
La SCI est une société civile dont l'objet est la gestion d'un ou plusieurs biens immobiliers. Constituée entre membres d'une même famille, elle permet de détenir collectivement un patrimoine tout en organisant précisément les règles de gestion et de transmission. Les parts sociales, contrairement à un immeuble, se divisent facilement et peuvent être transmises progressivement.
Les avantages de la SCI pour la transmission
- Transmission progressive des parts en utilisant les abattements tous les 15 ans
- Pas d'indivision ni de règle d'unanimité pour les décisions courantes
- Décote possible sur la valeur des parts, généralement de 10 à 20 %, si elle est justifiée
- Contrôle conservé par les parents grâce à la gérance statutaire
- Combinaison possible avec le démembrement
- Souplesse des statuts pour organiser la gouvernance familiale
- Protection du patrimoine familial contre les aléas personnels des associés
La décote des parts de SCI
Une décote de 10 à 20 % sur la valeur des parts par rapport à la valeur des biens détenus est couramment retenue par la jurisprudence, à condition d'être justifiée par l'absence de marché pour ces parts et par les clauses d'agrément. Combinée au démembrement, elle réduit encore la valeur taxable.
SCI et démembrement : comment les combiner ?
Les parents peuvent donner la nue-propriété des parts de SCI à leurs enfants tout en conservant l'usufruit : ils continuent de percevoir les revenus locatifs et de gérer le patrimoine en tant que gérants statutaires. La décote des parts s'applique sur une valeur déjà réduite par le démembrement.
Exemple illustratif : transmission d'un patrimoine de 600 000 € via une SCI
Dans cet exemple, un couple de 62 ans transmet l'intégralité de la nue-propriété à ses deux enfants sans droits : chaque enfant reçoit 153 000 €, soit 76 500 € de chaque parent, sous l'abattement de 100 000 €.
Comment organiser la gouvernance de la SCI ?
Les parents peuvent se désigner gérants statutaires avec des pouvoirs étendus et garder ainsi la maîtrise des décisions importantes après la donation. Les statuts peuvent aussi prévoir des clauses d'agrément pour contrôler l'entrée de nouveaux associés, des clauses de préemption en cas de cession, ou une inaliénabilité temporaire des parts.
Les points de vigilance
La SCI doit être gérée rigoureusement : assemblées annuelles, approbation des comptes, fonctionnement réel de société. Le choix entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés mérite une analyse approfondie : l'IS peut convenir pour capitaliser les loyers, mais les plus-values y sont calculées après déduction des amortissements, ce qui est généralement moins favorable en cas de revente.
Pourquoi transmettre des parts de SCPI ?
Les SCPI offrent une alternative à l'immobilier en direct pour la transmission : leurs parts se répartissent facilement entre plusieurs héritiers, sans indivision, et leur gestion est déléguée à une société de gestion. Investir en SCPI.
Les atouts des SCPI pour la transmission
Contrairement à un bien en direct, les parts de SCPI se divisent entre héritiers. La gestion est confiée à des professionnels, ce qui évite les tensions familiales liées à l'administration d'un bien, et la diversification du patrimoine immobilier des SCPI réduit le risque de l'ensemble transmis. Capital et revenus restent non garantis.
Comment donner des parts de SCPI en démembrement ?
Pour une donation, la valeur fiscale de la nue-propriété suit le barème de l'article 669 du CGI en cas d'usufruit viager, ou 23 % de la valeur par période de dix ans en cas d'usufruit temporaire. Les clés de répartition propres à chaque SCPI servent, elles, lorsqu'on achète des parts démembrées. Pour un achat en démembrement sur la durée de vie, voir notre guide de la SCPI en démembrement viager.
- Parts facilement divisibles entre plusieurs héritiers
- Gestion professionnelle sans implication des héritiers
- Diversification immobilière réduisant le risque
- Revenus réguliers pour l'usufruitier
- Pas de travaux ni de gestion locative à assumer
Quels avantages offrent les groupements forestiers et viticoles ?
Les groupements forestiers et les groupements fonciers viticoles (GFV) permettent de détenir collectivement des forêts ou des vignes, avec des exonérations importantes sur les droits de donation et de succession. Leurs régimes diffèrent et doivent être bien distingués.
Les groupements forestiers d'investissement (GFI)
Les GFI investissent dans des forêts françaises gérées par des professionnels. Les parts de groupements forestiers sont exonérées de droits de donation et de succession à hauteur des trois quarts de leur valeur, sans plafond, sous réserve d'un engagement de gestion durable de 30 ans et, pour les parts acquises à titre onéreux, d'une détention de plus de deux ans. En savoir plus sur les GFI, et notre fiche GFI France Valley Forêts.
Concrètement, pour une donation de parts de GFI d'une valeur de 400 000 € d'un parent à un enfant, seuls 100 000 € sont taxables ; après l'abattement de 100 000 € en ligne directe, la transmission se fait sans droits. La souscription de parts de GFI ouvre aussi droit à une réduction d'impôt sur le revenu, dont le taux est fixé par la loi de finances. En revanche, les GFI sont exclus du régime d'exonération partielle d'IFI des bois et forêts.
Les avantages fiscaux des GFI en transmission
Les groupements fonciers viticoles (GFV)
Les GFV investissent dans des vignobles loués à des exploitants par bail à long terme. Leurs parts sont exonérées de droits à 75 % jusqu'à 600 000 € par bénéficiaire, puis à 50 % au-delà, sous réserve d'un engagement de conservation de 5 ans. Un seuil plus élevé est ouvert en contrepartie d'une conservation de 18 ans. Les revenus peuvent en partie être versés en bouteilles issues du domaine.
| Caractéristique | Groupement forestier (GFI) | GFV |
|---|---|---|
| Exonération des droits de donation et de succession | 75 %, sans plafond | 75 % jusqu'à 600 000 € par bénéficiaire, 50 % au-delà |
| Engagement | Gestion durable pendant 30 ans | Conservation des parts pendant 5 ans |
| IFI | Exclus de l'exonération partielle des bois et forêts | Exonération partielle sous conditions |
| Revenus en nature | Non | Bouteilles de vin possibles |
| Liquidité | Faible | Faible |
Sources : articles 793 et 793 bis du Code général des impôts, doctrine fiscale (BOFiP).
Quelles autres solutions de transmission ?
Le pacte Dutreil : transmettre une entreprise
Pour les chefs d'entreprise, le pacte Dutreil exonère de droits 75 % de la valeur des titres de société ou de l'entreprise individuelle transmise, sans plafond. Il suppose un engagement collectif de conservation d'au moins deux ans, suivi d'un engagement individuel de chaque bénéficiaire. L'un des signataires ou des bénéficiaires doit exercer une fonction de direction pendant l'engagement collectif et les trois ans qui suivent la transmission.
Ce que change la loi de finances pour 2026
Pour les transmissions réalisées depuis le 21 février 2026, l'engagement individuel de conservation passe de quatre à six ans, et les biens somptuaires détenus par la société (résidences, véhicules de prestige, collections, chevaux de course…) sont exclus de l'exonération s'ils ne sont pas exclusivement affectés à l'activité professionnelle. Ces conditions sont à vérifier avec soin avant tout engagement.
- Exonération de 75 % sans plafond de valeur
- Cumulable avec les abattements de droit commun
- Applicable aux donations et aux successions
- Réduction supplémentaire de 50 % des droits pour une donation en pleine propriété par un donateur de moins de 70 ans
Le PER : une épargne retraite qui se transmet
Le plan d'épargne retraite présente aussi des atouts en matière de transmission. Pour un PER assurance, en cas de décès avant 70 ans, les capitaux bénéficient du même régime que l'assurance vie : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. En cas de décès après 70 ans, les capitaux sont soumis aux droits de succession après un abattement global de 30 500 €. Un PER bancaire, lui, entre dans la succession.
La donation-partage : sécuriser la répartition
La donation-partage répartit de son vivant tout ou partie de son patrimoine entre ses héritiers présomptifs, de manière définitive. Elle offre une sécurité juridique et préserve l'harmonie familiale.
Le principe de la donation-partage
Les biens donnés sont évalués au jour de la donation et non au jour du décès. Ce « gel de la valeur » évite les conflits liés à l'évolution différente des biens entre la donation et le décès. Par exemple, un parent donne un appartement à un enfant et une somme équivalente à l'autre. Vingt ans plus tard, l'appartement a triplé de valeur. Avec une donation simple, l'enfant ayant reçu l'appartement devrait compenser la différence au décès ; avec une donation-partage, chacun conserve ce qu'il a reçu, sans recalcul.
Les avantages de la donation-partage
- Gel de la valeur des biens au jour de la donation
- Répartition définitive évitant les conflits entre héritiers
- Possibilité d'inclure tous les enfants, même ceux déjà gratifiés
- Sécurité juridique renforcée par l'acte notarié
- Réincorporation possible de donations antérieures
- Combinable avec le démembrement de propriété
La donation-partage transgénérationnelle
Depuis la réforme de 2006, la donation-partage peut inclure les petits-enfants du vivant de leurs parents. Les grands-parents transmettent directement à leurs petits-enfants, en associant la génération intermédiaire, qui doit consentir à ce que ses propres enfants reçoivent une partie de ce qui lui serait revenu. La technique convient aux familles disposant d'un patrimoine important qui souhaitent organiser la transmission sur plusieurs générations.
Conditions de la donation-partage
La donation-partage est obligatoirement réalisée par acte notarié. Elle ne peut bénéficier qu'aux héritiers présomptifs, ou aux descendants de degrés différents dans le cadre d'une donation-partage transgénérationnelle. Tous les héritiers ne sont pas obligés d'y participer, mais seuls ceux qui y participent bénéficient du gel de la valeur.
Donation-partage et démembrement
Les parents peuvent donner la nue-propriété de leurs biens en conservant l'usufruit, et répartir cette nue-propriété entre leurs enfants par donation-partage. Ils cumulent ainsi la réduction de la valeur taxable et la sécurisation de la répartition.
Le don manuel et le présent d'usage
Le don manuel consiste à remettre un bien de la main à la main : somme d'argent, bijoux, œuvres d'art, valeurs mobilières. Il bénéficie des mêmes abattements que les donations notariées, mais doit être déclaré à l'administration fiscale pour avoir une date certaine et faire courir le délai de 15 ans. Le présent d'usage, lui, est exonéré de droits tant que sa valeur reste proportionnée au patrimoine et aux revenus du donateur.
Pourquoi anticiper plutôt que subir ?
La transmission se prépare sur le long terme. Une première donation à 50 ans, renouvelée à 65 ans puis à 80 ans, permet de profiter trois fois des abattements et de transmettre un capital conséquent en franchise de droits.
L'accompagnement par un professionnel du patrimoine, en lien avec le notaire, permet de définir une stratégie adaptée à chaque situation familiale. Les enjeux financiers et affectifs méritent une réflexion approfondie, loin des solutions standardisées. Pour une vue d'ensemble, voir nos stratégies patrimoniales.
En résumé : les points clés à retenir
Commencez tôt pour utiliser plusieurs fois les abattements, tous les 15 ans.
100 000 € par parent et par enfant, 31 865 € par grand-parent et petit-enfant.
152 500 € d'abattement par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans.
Transmettez la nue-propriété en conservant l'usufruit et les revenus.
Forêts et vignes : trois quarts de la valeur exonérés, sous conditions.
Un conseiller adapte la stratégie à votre famille et à votre patrimoine.
Questions fréquentes sur la transmission de patrimoine
Quel est le barème des droits de succession en ligne directe ?
Entre parents et enfants, après l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, les droits suivent un barème progressif de 5 % jusqu'à 8 072 € à 45 % au-delà de 1 805 677 €. La tranche la plus fréquente est celle à 20 %, de 15 932 € à 552 324 €.
Combien peut-on donner à ses enfants sans droits en 2026 ?
Chaque parent peut donner 100 000 € à chacun de ses enfants tous les 15 ans sans droits, soit 400 000 € pour un couple avec deux enfants. S'y ajoutent 31 865 € pour un don de somme d'argent si le donateur a moins de 80 ans et l'enfant est majeur, et, jusqu'au 31 décembre 2026, jusqu'à 100 000 € par donateur pour financer un logement neuf ou une rénovation énergétique de la résidence principale.
Quelle est la différence entre donation et succession ?
La donation transmet de son vivant, au moment choisi, et permet de réutiliser les abattements tous les 15 ans. La succession intervient au décès. Les abattements sont les mêmes, mais seule la donation permet de les utiliser plusieurs fois et, en donation-partage, de figer la valeur des biens au jour de l'acte.
Quel est l'abattement de l'assurance vie en cas de décès ?
Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, indépendant des abattements de droit commun. Au-delà, le prélèvement est de 20 % jusqu'à 700 000 € puis de 31,25 %. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique et les gains sont exonérés. Le conjoint ou partenaire de PACS est totalement exonéré.
Quelle exonération pour les groupements forestiers et viticoles ?
Les parts de groupements forestiers, dont les GFI, sont exonérées de droits de donation et de succession à hauteur des trois quarts de leur valeur, sans plafond, sous réserve d'un engagement de gestion durable de 30 ans. Les parts de GFV et de GFA dont les biens sont loués par bail à long terme sont exonérées à 75 % jusqu'à 600 000 € par bénéficiaire, puis à 50 %, avec un engagement de conservation de 5 ans.
Comment fonctionne le démembrement de propriété pour la transmission ?
Le démembrement sépare la nue-propriété de l'usufruit. En donnant la nue-propriété à ses enfants, le donateur conserve l'usage du bien ou ses revenus, et les droits sont calculés sur la seule nue-propriété. Au décès, les enfants deviennent pleins propriétaires sans droits supplémentaires. Jusqu'à 60 ans révolus, la nue-propriété vaut 50 % de la valeur du bien.
Qu'est-ce que le pacte Dutreil ?
Le pacte Dutreil exonère de droits 75 % de la valeur des titres d'une société transmise, sans plafond. Il suppose un engagement collectif de conservation de 2 ans puis, pour les transmissions depuis le 21 février 2026, un engagement individuel de 6 ans. Les biens somptuaires non affectés à l'activité sont désormais exclus.
Quels sont les avantages de la SCI familiale pour la transmission ?
La SCI familiale permet de donner progressivement des parts en utilisant les abattements tous les 15 ans, d'éviter l'indivision et de garder le contrôle par la gérance. Une décote de 10 à 20 % sur la valeur des parts peut être retenue si elle est justifiée, et se combine avec le démembrement.
Optimisez la transmission de votre patrimoine
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