COMMENT BIEN INVESTIR – Cabinet de gestion de patrimoine
Comment Bien Investir est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CGPI), enregistré CIF. Les produits présentés sur ce site le sont à titre informatif — nous les analysons et les sélectionnons pour vous, sans être liés à leurs émetteurs. Notre rôle : analyser votre situation et sélectionner sur l'ensemble du marché la solution la plus adaptée à vos objectifs.
Transformer une carrière exigeante en patrimoine solide : les leviers propres aux professions médicales
Par Benoît Richard, CGP indépendant · Comment Bien Investir
Un médecin libéral en milieu ou fin de carrière dégage souvent un revenu professionnel élevé, généralement supérieur à 100 000 € par an, avec de fortes disparités selon la spécialité et le secteur conventionnel. Pourtant, une fois absorbés l'IR en tranche marginale à 41 % ou 45 %, les cotisations CARMF et l'URSSAF, la marge d'épargne réelle est bien plus étroite qu'il n'y paraît. Selon plusieurs analyses spécialisées de la retraite CARMF, le taux de remplacement moyen se situerait entre 40 et 45 % du revenu d'activité. L'écart se creuse année après année. Construire une gestion de patrimoine cohérente, avec ou sans SEL, c'est ce qui sépare une fin de carrière sereine d'une retraite subie.
L'essentiel en 30 secondes
- Selon les analyses spécialisées, la pension CARMF, même complétée par l'ASV, ne couvrirait que 40 à 45 % du revenu d'activité d'un médecin libéral.
- Le passage en SEL devient pertinent quand le revenu dépasse durablement le train de vie du praticien, pour piloter rémunération et trésorerie.
- Le PER individuel, qui a remplacé le Madelin retraite depuis la loi PACTE, reste le levier de référence pour combler l'écart de retraite.
- Assurance vie, SCPI, private equity (FCPR) et immobilier complètent une allocation patrimoniale diversifiée et adaptée au temps disponible du praticien.
Sommaire
Pourquoi le médecin libéral a besoin d'un CGP indépendant dédié
Le médecin libéral cumule plusieurs contraintes que l'on retrouve rarement assemblées dans d'autres professions :
- Des revenus concentrés dans les tranches marginales à 41 % et 45 %, qui rendent chaque euro épargné avant impôt bien plus précieux qu'une épargne classique.
- Un statut hybride, entre exercice individuel en BNC et Société d'Exercice Libéral (SEL) à l'IS, avec des arbitrages structurants sur la rémunération, les dividendes et la trésorerie de la société.
- Une retraite obligatoire modeste au regard du revenu d'activité : le régime CARMF, même complété par l'ASV, est estimé à 40-45 % de taux de remplacement selon les analyses spécialisées, avec des écarts selon le secteur conventionnel.
- Un patrimoine professionnel à valoriser et transmettre : patientèle, parts de SEL, murs du cabinet, éventuelle SCM ou SCI.
- Un temps disponible très limité : un médecin n'a ni le temps d'empiler les produits financiers, ni celui de suivre seul son allocation.
Ces particularités réclament une approche patrimoniale pilotée sur la durée, avec un interlocuteur unique capable d'articuler fiscalité, prévoyance, structuration juridique et transmission. Un CGP indépendant, non adossé à une banque ou à un assureur, peut sélectionner les solutions en fonction des seuls intérêts du médecin, en architecture ouverte.
BNC ou SEL : le choix structurant du médecin libéral
Le passage en SEL (SELARL, SELASU, SELAS) modifie en profondeur la stratégie patrimoniale d'un médecin libéral. Il permet de dissocier la rémunération perçue du bénéfice réalisé, d'arbitrer entre salaire et dividendes, et de constituer une trésorerie d'entreprise qui peut elle-même être investie.
| Critère | Exercice en nom propre (BNC) | Société d'Exercice Libéral (SEL, IS) |
|---|---|---|
| Imposition du résultat | IR au barème progressif, TMI 41-45 % | IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà (sous conditions : CA < 10 M€, capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques) |
| Charges sociales | Assises sur la totalité du bénéfice | Assises sur la seule rémunération versée |
| Trésorerie professionnelle | Non capitalisable dans une structure | Peut être mise en réserve et investie via la société |
| Simplicité de gestion | Comptabilité BNC simple | Comptabilité commerciale, formalisme accru |
| Cession / association | Cession de patientèle | Cession de parts sociales, fiscalité potentiellement plus favorable |
La bascule vers une SEL devient pertinente lorsque le revenu professionnel dépasse durablement les besoins de train de vie du praticien : la trésorerie excédentaire peut alors être investie via des contrats de capitalisation dédiés aux personnes morales, plutôt que d'être fiscalisée immédiatement à l'IR. Le seuil de 42 500 € de bénéfice au taux réduit de 15 % fait régulièrement l'objet de débats parlementaires sur une éventuelle revalorisation ; il convient de vérifier le seuil en vigueur au moment de l'exercice.
Cas pratique illustratif (à titre indicatif, hors situation individuelle) : un médecin en SELARL réalisant 150 000 € de bénéfice avant rémunération peut arbitrer entre une rémunération plus élevée soumise à l'IR et aux charges sociales TNS, ou une rémunération plus modérée laissant un solde imposé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà), permettant de loger l'excédent de trésorerie dans un contrat de capitalisation dédié aux personnes morales. Le bon dosage dépend du besoin de revenu immédiat du praticien, de son taux marginal d'imposition personnel et de son horizon de cession ou de transmission du cabinet. Seule une simulation personnalisée permet de trancher.
Chez Generali, le contrat Himalia Capitalisation est spécifiquement conçu pour accueillir la trésorerie des SEL, SCI à l'IS, holdings, SAS et SARL, avec le même univers d'investissement que les contrats destinés aux personnes physiques. Pour en savoir plus : Generali Patrimoine.
CARMF et retraite : combler l'écart avec le PER individuel
Le régime obligatoire des médecins repose sur la CARMF, complétée par l'Avantage Social Vieillesse (ASV) pour les praticiens conventionnés. Malgré cette double couche, le taux de remplacement moyen est estimé entre 40 et 45 % du revenu d'activité selon plusieurs analyses spécialisées, un écart bien plus marqué que pour un salarié cadre.
Le PER individuel qui a remplacé le Madelin retraite depuis la loi PACTE reste le levier de référence pour combler cet écart : les cotisations sont déductibles du BNC (ou de la rémunération en SEL), dans la limite du plafond de déduction propre aux travailleurs non-salariés, nettement plus favorable que le plafond salarié. La gestion peut être pilotée ou libre, et la sortie s'effectue en capital, en rente, ou un mélange des deux selon les besoins au moment du départ.
Le cabinet distribue le PER Generali Patrimoine et le PER Apicil, dont le PER Intencial Liberalys Retraite, tous accessibles à 0 % de frais d'entrée via Comment Bien Investir, avec un univers de supports incluant SCPI, ETF, fonds euros et FCPR. Pour comparer l'ensemble des solutions du marché, consultez notre guide complet du PER.
Types de leviers (liste non exhaustive)
Au-delà de la retraite, un médecin libéral dispose de plusieurs leviers pour construire et diversifier son patrimoine sur la durée :
- Assurance vie multisupport : épargne de moyen et long terme, fiscalité avantageuse après 8 ans, outil de transmission hors succession.
- SCPI, en direct, en assurance vie ou au sein d'un PER, pour une exposition immobilière sans contrainte de gestion. Retrouvez notre sélection dans le classement des meilleures SCPI.
- Private equity et FCPR : accessibles via les contrats d'assurance vie et de PER des partenaires du cabinet, ils permettent d'investir dans l'économie réelle sur un horizon de 8 à 10 ans, en contrepartie d'une illiquidité assumée. Pour approfondir : le FCPR en assurance vie ou notre guide du FCPR.
- Immobilier locatif direct ou en LMNP : diversification patrimoniale et constitution de revenus complémentaires, à arbitrer selon le temps disponible du praticien.
- Investissement dans les murs du cabinet ou une SCM/SCI : sécuriser l'outil professionnel et préparer sa transmission ou sa cession.
- Prévoyance complémentaire : selon les chiffres officiels CARMF 2026, les indemnités journalières (à partir du 91e jour d'arrêt, pour un médecin de moins de 62 ans) s'élèvent à 65,84 € par jour pour un revenu net inférieur à 48 060 €, et à 197,51 € par jour pour un revenu net supérieur à 144 180 € — soit une part souvent modeste au regard du revenu professionnel réel. Un contrat de prévoyance dédié complète utilement cette protection de base, en particulier pour un médecin en SEL dont la rémunération pilotée peut réduire l'assiette de calcul.
Erreurs fréquentes chez les médecins libéraux
Sous-estimer l'écart de revenu à la retraite. Beaucoup de praticiens découvrent tardivement que leur pension CARMF représente moins de la moitié de leur dernier revenu d'activité, alors qu'une épargne retraite structurée dès le milieu de carrière aurait permis de lisser cet écart sans effort de trésorerie excessif.
Accumuler les produits sans stratégie globale. Contrat Madelin ancien non transféré, assurance vie ouverte par défaut, SCPI achetée sans lien avec le reste de l'allocation : sans pilotage centralisé, le patrimoine du médecin devient une somme de décisions ponctuelles plutôt qu'une stratégie cohérente.
Négliger la structuration de la trésorerie en SEL. Laisser la trésorerie professionnelle s'accumuler sur un compte courant faiblement rémunéré, alors que des contrats de capitalisation dédiés aux personnes morales permettent de la faire fructifier tout en conservant sa disponibilité.
Questions fréquentes
Faut-il passer en SEL pour optimiser sa fiscalité de médecin libéral ?
Cela devient intéressant lorsque le revenu professionnel dépasse largement les besoins de train de vie du praticien, car la SEL permet de piloter la rémunération et de mettre en réserve la trésorerie à l'IS. En dessous de ce seuil, l'exercice en BNC reste souvent plus simple et tout aussi efficace. La décision dépend du niveau de revenu, du projet d'association et de l'horizon de cession du cabinet.
Le PER individuel a-t-il remplacé le contrat Madelin retraite pour les médecins ?
Oui, depuis la loi PACTE, le PER individuel qui a remplacé le Madelin retraite offre les mêmes avantages de déduction fiscale, avec davantage de souplesse : gestion pilotée ou libre, sortie en capital ou en rente, et déblocage anticipé possible pour l'achat de la résidence principale.
Quelle part de la pension CARMF représente le revenu d'activité d'un médecin ?
Selon plusieurs analyses spécialisées de la retraite CARMF, la pension, même complétée par l'ASV, couvrirait en moyenne 40 à 45 % du dernier revenu d'activité, avec des écarts selon le secteur conventionnel et la durée de cotisation. La CARMF ne publie pas elle-même de taux de remplacement officiel : chaque médecin peut obtenir une estimation personnalisée via son relevé de carrière ou une simulation sur carmf.fr.
Un médecin libéral peut-il investir en private equity ?
Oui, via des FCPR logés dans une assurance vie ou un PER individuel, sous réserve d'un horizon de placement d'au moins 8 à 10 ans et d'une part limitée du patrimoine financier total.
Quel est le meilleur PER pour un médecin libéral ?
Il n'existe pas un PER unique pour tous les médecins : le PER Generali Patrimoine convient aux profils recherchant une architecture large et une trésorerie de SEL, le PER Apicil et le PER Intencial Liberalys Retraite conviennent aux praticiens qui souhaitent une forte exposition immobilière via SCPI, SCI et OPCI.
Comment un médecin libéral peut-il investir la trésorerie de sa SEL ?
La trésorerie excédentaire d'une SEL peut être investie via un contrat de capitalisation dédié aux personnes morales, comme Himalia Capitalisation chez Generali, qui donne accès aux mêmes supports que les contrats destinés aux particuliers.
À partir de quel âge un médecin libéral doit-il se préoccuper de sa retraite ?
Le plus tôt possible dans la carrière, avec un point de vigilance particulier en milieu de carrière (autour de 45-50 ans), lorsque le décalage entre le train de vie actuel et la future pension CARMF devient mesurable.
Quel est le taux d'IS applicable à une SELARL de médecin ?
Le taux réduit de 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice, sous conditions (CA inférieur à 10 M€, capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques). Au-delà, le taux normal de 25 % s'applique. Ce seuil doit être vérifié chaque année, car il évolue régulièrement dans le cadre des lois de finances.
Pour aller plus loin
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Prendre rendez-vousCet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement financier ou immobilier comporte un risque de perte en capital.