Private equity : quelle allocation dans son patrimoine ?

Comment intégrer le non-coté dans son allocation patrimoniale | Comment Bien Investir
Private Equity

Comment intégrer le non-coté dans son allocation patrimoniale

Stratégies, véhicules accessibles et recommandations pour diversifier avec le capital-investissement

par CBI | Mis à jour en décembre 2025

Le private equity, longtemps réservé aux investisseurs institutionnels, s'est progressivement démocratisé. Avec des tickets d'entrée désormais accessibles dès 1 000 € via l'assurance-vie ou le PER, la question de son intégration dans un patrimoine privé devient pertinente. Mais comment positionner cette classe d'actifs dans une allocation globale ? Quels véhicules privilégier ? Voici notre analyse complète de CGP indépendant, enrichie des dernières données France Invest 2024.

Qu'est-ce que le private equity ?

Le private equity, ou capital-investissement en français, désigne l'ensemble des investissements réalisés dans des entreprises non cotées en bourse. Contrairement à l'achat d'actions sur les marchés financiers (investissement passif), le private equity implique généralement une participation active dans la gouvernance et la stratégie des entreprises financées.

Cette classe d'actifs couvre un spectre large d'interventions : financement de start-ups innovantes, accompagnement d'entreprises en croissance, rachat de sociétés matures, ou restructuration d'entreprises en difficulté. Chaque stratégie présente un profil rendement/risque différent.

Un marché en pleine expansion

Selon France Invest, le capital-investissement français a connu une croissance soutenue ces dernières années. En 2024, 26 milliards d'euros ont été investis dans l'économie réelle (hors infrastructure), avec une progression portée par les opérations de grande envergure. L'industrie reste le premier secteur d'investissement (26% des montants), suivie par la technologie et la santé.

Pourquoi cette démocratisation ?

Historiquement réservé aux investisseurs institutionnels (fonds de pension, assureurs, family offices) avec des tickets de plusieurs millions d'euros, le private equity s'est progressivement ouvert aux particuliers grâce à :

  • La création de véhicules accessibles : FCPR, FIP, FCPI avec des tickets dès 1 000 €
  • L'intégration en assurance-vie : FCPR éligibles en unités de compte
  • Le cadre réglementaire ELTIF 2.0 : facilite l'accès aux fonds alternatifs européens
  • L'émergence des fonds evergreen : liquidité améliorée vs fonds fermés traditionnels

Performances historiques : ce que disent les chiffres

Avant d'envisager une allocation en private equity, il est essentiel de s'appuyer sur des données fiables et vérifiables. L'étude annuelle France Invest / EY (juillet 2025, 31ème édition) analyse la performance nette de 1 262 fonds depuis 1987, couvrant 87% des levées de fonds réalisées en 2024.

Performance du capital-investissement français - Données fin 2024

11,3%
TRI net par an
depuis 1987
12,4%
TRI net par an
sur 10 ans
14,1%
TRI net
fonds liquidés
1,78x
Multiple
fonds liquidés

Source : France Invest / EY, juillet 2025

Surperformance par rapport aux marchés cotés

Sur les 10 dernières années, le capital-investissement français affiche un TRI net de 12,4% par an, contre 8,9% pour le CAC 40 et 8,3% pour le CAC All-Tradable (dividendes réinvestis, méthode PME). Les fonds entièrement liquidés depuis 2008 ont réalisé un multiple de 1,78x le capital investi, démontrant la rentabilité effective pour les investisseurs.

Performance par segment

Tous les segments du private equity n'offrent pas le même couple rendement/risque. Voici les performances historiques par stratégie :

Segment TRI net depuis origine Profil de risque Horizon type
Capital-transmission (LBO) 14,1% Modéré à élevé 5-7 ans
Capital-développement 9,0% Modéré 5-7 ans
Venture & Growth 6,6% Très élevé 7-10 ans
Infrastructure 9-11% Modéré 10-15 ans
Dette privée 6-8% Faible à modéré 5-7 ans

Attention à la dispersion des performances

Ces moyennes masquent une forte dispersion entre les gérants. L'écart entre le premier quartile (top 25% des fonds) et le dernier quartile est bien plus important qu'en gestion cotée. Selon France Invest, les meilleurs fonds affichent des TRI supérieurs à 20% quand les moins performants sont négatifs. La sélection du gérant est donc déterminante.

Évolution récente

À fin 2024, les performances sur tous les horizons sont en recul par rapport à 2023, dans un contexte économique, politique et géopolitique incertain. La baisse est particulièrement marquée sur l'horizon 3 ans (TRI passé de 13,6% à 5,3%), en raison d'un "effet fenêtre" lié aux valorisations exceptionnellement élevées post-Covid en 2021. Cependant, les performances à moyen et long terme restent solides, confirmant la pertinence du private equity comme classe d'actifs de long terme.

Pourquoi intégrer le non-coté dans son patrimoine ?

1. Décorrélation partielle des marchés financiers

Le private equity n'est pas totalement immunisé contre les cycles économiques, mais sa valorisation échappe aux fluctuations quotidiennes des marchés boursiers. Les participations non cotées sont valorisées trimestriellement ou semestriellement selon des méthodologies encadrées (IPEV), ce qui génère une volatilité apparente moindre. Cette caractéristique peut apporter une stabilité relative au portefeuille global.

2. Accès à l'économie réelle et aux PME/ETI

Investir en capital-investissement, c'est financer directement des entreprises françaises et européennes à différents stades de leur développement. En 2024, les investisseurs institutionnels via le private equity ont financé des milliers d'entreprises, créant ou maintenant des centaines de milliers d'emplois. C'est un investissement concret, tangible, dans le tissu économique.

3. Potentiel de création de valeur supérieur

Contrairement à l'investissement en bourse (prise de participation passive), le private equity implique un accompagnement actif des entreprises : gouvernance, stratégie, optimisation opérationnelle, croissance externe. Les Operating Partners apportent leur expertise pour accélérer la création de valeur. Cette gestion active explique en partie la surperformance historique constatée.

4. Prime d'illiquidité

En acceptant de bloquer des capitaux sur une période longue (7 à 10 ans), l'investisseur en private equity capte une "prime d'illiquidité" qui se traduit par un rendement attendu supérieur aux actifs liquides. Cette prime est estimée entre 2% et 4% par an par rapport aux marchés cotés.

5. Diversification des sources de performance

Le private equity permet d'accéder à des entreprises et des secteurs sous-représentés en bourse : PME innovantes, entreprises familiales, secteurs de niche, etc. Cette diversification enrichit l'allocation globale et réduit la dépendance aux grandes capitalisations cotées.

Les différentes stratégies de private equity

Le private equity regroupe plusieurs stratégies d'investissement aux caractéristiques distinctes. Comprendre ces différences est essentiel pour construire une allocation cohérente.

Capital-risque (Venture Capital)

Financement de start-ups et jeunes entreprises innovantes, généralement en phase d'amorçage ou de développement initial. Risque très élevé (taux d'échec important) mais potentiel de gain exceptionnel sur les "winners". Horizon de 8 à 12 ans. Secteurs privilégiés : tech, biotech, deeptech.

Capital-croissance (Growth Equity)

Investissement dans des entreprises ayant validé leur modèle économique et cherchant à accélérer leur croissance (expansion géographique, développement produit, acquisitions). Risque élevé mais inférieur au venture. Horizon de 5 à 8 ans.

Capital-transmission (LBO / Buyout)

Rachat d'entreprises matures, souvent rentables, avec effet de levier (dette d'acquisition). Objectif : optimiser la gestion, accélérer la croissance, puis céder à un tiers. Segment le plus performant historiquement (TRI 14,1%). Risque modéré à élevé. Horizon de 5 à 7 ans.

Capital-retournement

Investissement dans des entreprises en difficulté avec un plan de restructuration. Risque très élevé, réservé aux spécialistes. Potentiel de gain important si le redressement réussit.

Infrastructure

Financement de projets d'infrastructure : énergies renouvelables, transport, télécoms, utilities. Revenus prévisibles (contrats long terme), profil défensif. TRI cible de 8-12%. Horizon de 10-15 ans.

Dette privée

Prêts aux entreprises (senior, mezzanine, unitranche) en alternative au financement bancaire. Rendements plus faibles (6-8%) mais risque réduit (priorité de remboursement). Flux de revenus réguliers.

Quelle stratégie privilégier ?

Pour un investisseur particulier recherchant un équilibre rendement/risque, le capital-transmission (LBO) et le capital-développement offrent le meilleur compromis historique. Le venture capital, très médiatisé, présente une dispersion de performances extrême et n'est recommandé qu'en complément, pour une faible part de l'allocation PE.

Les véhicules accessibles aux particuliers

Plusieurs structures juridiques permettent d'accéder au private equity avec des caractéristiques fiscales, des tickets d'entrée et des niveaux de liquidité différents.

Véhicule Ticket min. Liquidité Fiscalité En savoir plus
FCPR
Fonds Commun de Placement à Risques
1 000 - 10 000 € Faible (blocage 5-10 ans) 0% IR après 5 ans
+ 17,2% PS
Guide FCPR
FIP
Fonds d'Investissement de Proximité
1 000 € Faible (blocage 6-10 ans) 25% réduction IR
+ exo PV (hors PS)
Guide FIP-FCPI
FCPI
Fonds Commun de Placement dans l'Innovation
1 000 € Faible (blocage 6-10 ans) 25% réduction IR
+ exo PV (hors PS)
FIP Corse / Outre-mer 1 000 € Faible 30% réduction IR
+ exo PV
Guide FIP-FCPI
FPCI
Fonds Professionnel de Capital Investissement
100 000 € Très faible 0% IR après 5 ans Guide FPCI
FPS
Fonds Professionnel Spécialisé
100 000 € Faible PFU 30% Guide FPS
FCPR en UC
Via assurance-vie ou PER
1 000 € Variable (evergreen) Fiscalité du contrat Guide FCPR en AV
ELTIF 2.0
European Long-Term Investment Fund
1 000 € Améliorée Selon enveloppe Nouveau format européen

FIP et FCPI : dernière année en 2025

Il s'agit de la dernière année de commercialisation des FIP et FCPI. Le décret d'application fixant la date d'entrée en vigueur des nouvelles dispositions est paru le 1er octobre 2024. Les souscriptions réalisées en 2025 bénéficient d'un taux de réduction de 25% (30% pour FIP Corse/DOM).

Accès au private equity via l'assurance-vie et le PER

L'intégration de FCPR en unités de compte dans les contrats d'assurance-vie et PER représente aujourd'hui la voie d'accès la plus simple au private equity pour les particuliers. Cette solution combine tickets accessibles, fiscalité de l'enveloppe et liquidité améliorée pour les fonds evergreen.

Les avantages clés

  • Tickets d'entrée réduits : à partir de 1 000 € selon les fonds et contrats
  • Fiscalité optimisée : cadre fiscal de l'assurance-vie ou déduction PER
  • Liquidité améliorée : fenêtres de rachat sur les fonds evergreen
  • Transmission optimisée : avantages successoraux de l'assurance-vie

Les contrats d'assurance-vie et PER que nous distribuons donnent accès à une sélection de FCPR en unités de compte : Eurazeo Private Value Europe 3, NextStage Croissance, Tikehau, Altaroc, et bien d'autres.

Pour aller plus loin

Consultez notre guide complet FCPR en assurance-vie pour découvrir le fonctionnement détaillé, la fiscalité comparée (direct vs AV), le tableau des fonds evergreen disponibles et les critères de sélection.

Quelle place dans l'allocation patrimoniale ?

Pondération recommandée : 5 à 15% du patrimoine financier

Le private equity doit rester une poche de diversification, pas le cœur du portefeuille. Cette fourchette dépend du profil de risque, de l'horizon de placement, de la capacité à immobiliser des capitaux et de la composition globale du patrimoine.

Profil investisseur Allocation PE recommandée Stratégies privilégiées
Prudent
Horizon 5-7 ans
0 à 5% Dette privée, infrastructure
Équilibré
Horizon 7-10 ans
5 à 10% LBO, capital-développement, fonds de fonds
Dynamique
Horizon 10+ ans
10 à 15% Mix LBO, growth, venture (minoritaire)
Offensif / Expert
Horizon 10+ ans
15 à 20% Toutes stratégies, co-investissements

Prérequis avant d'investir

  • Épargne de précaution constituée : 3 à 6 mois de dépenses sur supports liquides (livrets, fonds euros)
  • Résidence principale financée : ou projet immobilier sécurisé
  • Horizon d'investissement long : minimum 7 à 10 ans, idéalement plus
  • Diversification préalable : le PE vient compléter un portefeuille déjà équilibré (actions cotées, obligations, immobilier)
  • Capacité à immobiliser : fonds dont vous n'aurez pas besoin pendant toute la durée du placement
  • Tolérance au risque : acceptation du risque de perte en capital

Approche recommandée : l'investissement progressif

Plutôt que d'investir une somme importante en une fois, privilégiez une approche progressive sur 2 à 3 ans. Cette stratégie permet de :

  • Lisser les cycles : investir sur plusieurs millésimes de fonds
  • Diversifier les gérants : répartir sur 3 à 5 fonds différents
  • Tester l'appétence : valider le confort avec l'illiquidité

Fiscalité comparée selon le mode de détention

La fiscalité du private equity varie significativement selon le véhicule d'investissement et l'enveloppe de détention. Voici un comparatif détaillé :

Mode de détention Fiscalité des plus-values Conditions Taux effectif max
FCPR en direct Exonération IR + PS 17,2% Détention ≥ 5 ans 17,2%
FIP / FCPI Réduction IR 25-30% + exo PV (hors PS) Détention ≥ 5 ans 17,2% sur PV
FPCI Exonération IR + PS 17,2% Détention ≥ 5 ans, quota PME 17,2%
Assurance-vie < 8 ans PFU 30% (ou barème + PS) Rachat avant 8 ans 30%
Assurance-vie ≥ 8 ans Abattement 4 600/9 200 € + 7,5% ou 12,8% Encours < 150k€ : 7,5% 24,7% à 30%
PER Déduction versements à l'entrée Imposition à la sortie (TMI) TMI sortie + PS
Compte-titres PFU 30% (ou barème + PS) - 30%

Quelle enveloppe privilégier ?

Pour les patrimoines intermédiaires (100 000 € à 1 M€ de patrimoine financier), l'enveloppe assurance-vie constitue souvent le meilleur compromis : tickets accessibles dès 1 000 €, diversification facilitée, liquidité améliorée (fonds evergreen), fiscalité optimisée après 8 ans, et transmission avantageuse.

Pour les patrimoines plus importants avec une TMI élevée, la combinaison FCPR direct + assurance-vie permet de bénéficier de l'exonération d'IR sur les plus-values (FCPR) tout en conservant de la flexibilité (AV).

Critères de sélection d'un fonds de private equity

La performance en private equity dépend largement de la qualité du gérant. Voici les critères essentiels pour sélectionner un fonds :

1. Le track record de la société de gestion

Analysez les performances passées sur les fonds précédents : TRI net réalisé, multiple du capital (TVPI, DPI), régularité des performances d'un millésime à l'autre. Privilégiez les équipes ayant traversé plusieurs cycles économiques (2008, 2020, 2022).

2. L'expérience et la stabilité de l'équipe

Le private equity est un métier d'expertise. Vérifiez l'ancienneté des gérants principaux, le taux de rotation de l'équipe, et la spécialisation sectorielle. Une équipe stable avec 15-20 ans d'expérience est un gage de qualité.

3. La stratégie d'investissement

Comprenez précisément la stratégie du fonds : segments ciblés (LBO, growth, venture), taille des entreprises, secteurs privilégiés, zone géographique. Assurez-vous que le positionnement correspond à vos convictions et complète votre allocation existante.

4. La structure de frais

Les frais du private equity sont structurellement élevés. Analysez :

  • Frais de gestion annuels : généralement 1,5% à 2,5% des actifs
  • Commission de surperformance (carried interest) : 15% à 20% au-delà d'un hurdle rate (souvent 8%)
  • Frais d'entrée/sortie : parfois appliqués, à négocier

5. L'alignement des intérêts

Vérifiez que l'équipe de gestion investit significativement ses propres capitaux aux côtés des porteurs de parts (commitment de 1% à 5% du fonds). C'est un indicateur fort d'alignement des intérêts.

6. La taille du fonds

Un fonds trop petit manquera de diversification ; un fonds trop gros peinera à déployer ses capitaux efficacement. La taille optimale dépend de la stratégie : 100-500 M€ pour du mid-market LBO, 50-200 M€ pour du growth.

7. Les conditions de liquidité

Pour les fonds evergreen : fréquence et plafonds des fenêtres de rachat, délai de préavis, éventuelle décote en cas de rachat anticipé.

Limites et risques à garder en tête

Le private equity n'est pas un placement miracle

Malgré ses performances historiques attractives, le private equity comporte des risques spécifiques qu'il est impératif de comprendre avant d'investir.

Risque de perte en capital

Comme tout investissement en actions, le private equity expose au risque de perte partielle ou totale du capital investi. Aucune garantie en capital n'existe. Les faillites d'entreprises en portefeuille peuvent impacter significativement la performance globale du fonds.

Illiquidité

C'est la contrainte majeure du private equity. Les capitaux sont généralement bloqués pendant 8 à 12 ans pour les fonds fermés traditionnels. Même les fonds evergreen, plus liquides, peuvent suspendre les rachats en cas de conditions de marché défavorables (gates). Ne jamais investir des fonds dont vous pourriez avoir besoin.

Dispersion des performances

L'écart entre les meilleurs et les moins bons gérants est considérable, bien plus qu'en gestion cotée. Selon les études, l'écart de TRI entre le premier et le dernier quartile peut dépasser 15 points. Une mauvaise sélection de fonds peut aboutir à des performances négatives, même dans un marché favorable.

Effet J-Curve

Les premières années d'un fonds de private equity affichent généralement des performances négatives : les frais sont prélevés immédiatement tandis que les plus-values ne se matérialisent que lors des cessions, plusieurs années plus tard. C'est un phénomène normal mais déstabilisant pour les investisseurs non avertis.

Complexité et opacité

La valorisation des participations non cotées repose sur des méthodologies complexes (multiples de comparables, DCF). Les reportings sont trimestriels ou semestriels, contre quotidiens pour les fonds cotés. Cette moindre transparence peut générer de l'inconfort.

Risque de change

Pour les fonds investissant hors zone euro (US, UK, Asie), les fluctuations de devises peuvent impacter positivement ou négativement la performance.

Exemples concrets d'intégration

Voici trois exemples d'intégration du private equity dans des situations patrimoniales différentes :

Cas n°1 : Premier investissement en PE

Couple, 45 ans, patrimoine financier 200 000 €, TMI 30%, horizon retraite 20 ans

Situation initiale : Livrets (30k€), fonds euros AV (100k€), UC diversifiées (70k€). Pas d'exposition au non-coté.

Objectif : Diversifier progressivement vers le PE sans prendre de risque excessif.

Recommandation :

  • Allocation cible PE : 10% soit 20 000 €
  • Enveloppe : assurance-vie existante (contrat avec FCPR en UC)
  • Investissement progressif sur 2 ans : 10 000 € / an
  • Répartition : 2 fonds evergreen de stratégies complémentaires (1 LBO + 1 infrastructure/dette)

Cas n°2 : Diversification d'un patrimoine établi

Entrepreneur, 55 ans, patrimoine financier 800 000 €, TMI 41%, cession d'entreprise prévue dans 3 ans

Situation initiale : PEA (200k€), AV multisupport (400k€), compte-titres (200k€). Surpondération actions cotées.

Objectif : Préparer le réinvestissement post-cession, diversifier hors actifs cotés.

Recommandation :

  • Allocation cible PE : 12-15% soit 100 000 à 120 000 €
  • Enveloppes : AV (60k€ en FCPR UC) + FCPR direct (40-60k€) pour l'exonération IR
  • Diversification : 4 fonds sur 3 ans (LBO Europe, growth tech, dette privée, infrastructure)
  • Post-cession : compléter avec un FPCI (ticket 100k€) si patrimoine > 1,5M€

Cas n°3 : Optimisation fiscale en fin d'année

Cadre supérieur, 50 ans, TMI 41%, impôt sur le revenu 18 000 €/an, patrimoine financier 400 000 €

Objectif : Réduire l'IR tout en investissant utilement.

Recommandation :

  • FIP Corse : 12 000 € → réduction IR 3 600 € (30%)
  • FCPI : 12 000 € → réduction IR 3 000 € (25%)
  • Total investi : 24 000 € | Réduction IR totale : 6 600 €
  • Complément via AV : 16 000 € en FCPR evergreen pour atteindre 10% du patrimoine

Note : 2025 est la dernière année pour les FIP/FCPI.

Notre avis de CGP indépendant

Le private equity mérite une place dans une allocation patrimoniale diversifiée, à condition de respecter certains principes fondamentaux et d'être accompagné dans la sélection des fonds.

Les points positifs

  • Performances historiques supérieures aux marchés cotés sur longue période
  • Diversification réelle du patrimoine (décorrélation partielle)
  • Accès démocratisé via l'assurance-vie et le PER
  • Fiscalité attractive (exonération IR après 5 ans pour les FCPR)
  • Investissement dans l'économie réelle, tangible

Les points de vigilance

  • Illiquidité : ne jamais surinvestir
  • Dispersion des performances : la sélection du gérant est cruciale
  • Frais élevés qui impactent la performance nette
  • Complexité : nécessite un accompagnement
  • Risque de perte en capital

Nos recommandations pratiques

  • Ne jamais dépasser 15% de son patrimoine financier en private equity
  • Diversifier sur plusieurs fonds : 3 à 5 véhicules avec des stratégies et millésimes différents
  • Privilégier les enveloppes fiscales : assurance-vie ou PER pour les patrimoines intermédiaires
  • Investir progressivement : étaler sur 2-3 ans pour lisser les cycles
  • Accepter l'horizon long terme : ne bloquer que des fonds dont vous n'aurez pas besoin avant 10 ans
  • Se faire accompagner : la sélection des fonds et l'articulation avec le patrimoine global nécessitent une expertise

En tant que CGP indépendant, nous avons accès à une sélection de FCPR via nos partenaires assureurs que nous mettons à disposition de nos clients. Cette approche permet d'accéder au private equity avec des tickets accessibles, une liquidité améliorée et un cadre fiscal optimisé, tout en bénéficiant d'un conseil personnalisé sur l'intégration dans votre stratégie patrimoniale globale.

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Questions fréquentes

Quel est le montant minimum pour investir en private equity ?

Via l'assurance-vie ou le PER, vous pouvez accéder au private equity dès 1 000 € grâce aux FCPR en unités de compte. Pour les FPCI et FPS réservés aux investisseurs professionnels, le ticket minimum est généralement de 100 000 €.

Quelle est la durée de blocage des fonds ?

Pour les fonds fermés traditionnels, comptez 8 à 12 ans de blocage total. Les fonds evergreen, de plus en plus répandus en assurance-vie, offrent des fenêtres de rachat (généralement bimensuelles ou trimestrielles) après une période de blocage initiale de 2 à 3 ans.

Le private equity est-il risqué ?

Oui, le private equity présente un risque de perte en capital. Cependant, ce risque est modulable selon la stratégie choisie : la dette privée et l'infrastructure sont moins risquées que le venture capital. La diversification sur plusieurs fonds réduit également le risque spécifique.

Quelle fiscalité pour les FCPR ?

Les FCPR bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu sur les plus-values après 5 ans de détention. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2% restent dus. Via l'assurance-vie, c'est la fiscalité du contrat qui s'applique (avantageuse après 8 ans).

Peut-on perdre plus que son investissement initial ?

Non, dans le cadre des FCPR et fonds accessibles aux particuliers, la perte est limitée au montant investi. Vous ne pouvez pas perdre plus que votre mise initiale.

Les FIP et FCPI existent-ils encore en 2025 ?

2025 est la dernière année de commercialisation des FIP et FCPI. Les souscriptions réalisées en 2025 bénéficient d'une réduction d'IR de 25% (30% pour les FIP Corse et Outre-mer). C'est donc la dernière opportunité de profiter de cet avantage fiscal.

Quelle différence entre FCPR et FPCI ?

Le FCPR est accessible au grand public avec des tickets dès 1 000 €. Le FPCI est réservé aux investisseurs professionnels ou assimilés avec un ticket minimum de 100 000 €. La fiscalité est similaire (exonération IR après 5 ans) mais le FPCI offre plus de flexibilité dans la stratégie d'investissement.

Avertissement : Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le private equity présente un risque de perte en capital. Chaque situation patrimoniale étant unique, un accompagnement personnalisé par un conseiller en gestion de patrimoine est recommandé avant tout investissement.

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