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Crise des SCPI : chronologie 2023-2026 et sortie de crise
Origine monétaire | Baisse des prix de part | Blocage des retraits | Où en est le marché
Par Benoît Richard, conseiller en gestion de patrimoine · Mis à jour le 30 août 2026 · 18 min de lecture
La crise des SCPI s'est ouverte en 2023, avec la remontée brutale des taux directeurs et la révision à la baisse des valeurs d'expertise. Trois exercices plus tard, elle n'est ni terminée ni générale : le marché s'est scindé entre des véhicules qui ont retrouvé de la collecte et une minorité de SCPI encore bloquées, dont les associés ne peuvent plus sortir à un prix normal.
Cet article ne cherche ni à dramatiser ni à rassurer. Il retrace ce qui s'est passé année par année, distingue les deux phénomènes que l'on confond en permanence, la baisse de la valeur des parts et le blocage des retraits, et expose les options dont dispose un associé dont la SCPI est touchée.
L'essentiel en 30 secondes
- La baisse du prix de part et l'impossibilité de vendre sont deux problèmes distincts, qui n'appellent pas les mêmes réponses.
- Le taux de distribution moyen n'a jamais baissé pendant la crise : il est passé de 4,52 % en 2023 à 4,91 % en 2025, parce que le dividende est rapporté à un prix de part réduit.
- La phase d'ajustement des prix est close : 88 % des SCPI ont maintenu leur prix de souscription au premier trimestre 2026.
- Le blocage, lui, persiste sur une trentaine de véhicules, et le recul affiché des parts en attente tient largement aux suspensions de variabilité du capital.
Une crise de valorisation née du coût de l'argent
Le point de départ est monétaire. Pour juguler l'inflation, la Banque centrale européenne a porté le taux de sa facilité de dépôt de 0 % à 4 % entre juillet 2022 et septembre 2023. Le crédit devient plus cher, les acquéreurs se retirent, les taux de rendement exigés par les investisseurs immobiliers remontent, et les experts révisent à la baisse la valeur des immeubles.
Mécaniquement, la valeur de réalisation des SCPI recule, puis la valeur de reconstitution. Or le prix de souscription d'une SCPI à capital variable doit rester dans une fourchette de plus ou moins 10 % autour de cette valeur de reconstitution. Lorsque l'écart devient trop important, la société de gestion n'a plus le choix : elle doit ajuster le prix de la part.
Les baisses de 2023 n'ont pas été des décisions commerciales. Elles constituent l'application d'une contrainte réglementaire qui existe précisément pour empêcher qu'un souscripteur achète une part sensiblement au-dessus de la valeur du patrimoine qu'elle représente. Le détail de ces deux valeurs et de leur mode de calcul est traité sur notre page consacrée à la valeur de reconstitution des SCPI.
Une crise de liquidité, distincte de la première
Le second phénomène est indépendant du premier. Dans une SCPI à capital variable, l'associé qui veut sortir demande le retrait de ses parts, et ce retrait est financé par les souscriptions nouvelles. Tant que la collecte couvre les demandes de retrait, le mécanisme fonctionne. Quand la collecte s'arrête et que les demandes s'accumulent, il se grippe, et l'associé se retrouve inscrit sur un registre d'attente sans date de sortie.
C'est ce qui s'est produit à partir de fin 2023 sur une partie du marché, en particulier les SCPI de bureaux à forte capitalisation, historiquement distribuées par les réseaux bancaires. La rapidité du mouvement doit beaucoup à un effet d'entraînement : l'annonce d'une baisse de prix déclenche des demandes de retrait, qui assèchent la collecte, ce qui empêche de servir les retraits suivants.
Le phénomène a été plus violent encore sur les sociétés civiles immobilières logées en assurance vie, dont la valeur liquidative est publiée à un rythme rapproché et l'arbitrage immédiat. Sur ces supports, la baisse observée en 2023 n'était que partiellement imputable au recul des valeurs immobilières : elle traduisait aussi des cessions destinées à honorer les arbitrages.
Une SCPI peut être dans un cas sans être dans l'autre. Une SCPI dont la part a baissé de 15 % peut rester parfaitement liquide si sa collecte se maintient. À l'inverse, une SCPI dont le prix n'a jamais bougé peut être totalement bloquée. Confondre les deux conduit à des décisions inadaptées.
Chronologie de la crise, de 2022 à 2026
| Année | Facilité de dépôt BCE | Collecte nette des SCPI | Taux de distribution | Ce qui s'est passé |
|---|---|---|---|---|
| 2022 | 2,00 % | Plus de 10 Md€ | 4,53 % | Année record. Les taux commencent à remonter au second semestre. |
| 2023 | 4,00 % | Environ 6 Md€ | 4,52 % | Déclenchement. Une vingtaine de SCPI baissent leur prix de part, le prix moyen recule de 4,9 %. |
| 2024 | 3,00 % | 3,5 Md€ | 4,72 % | Point bas de la collecte, en repli de 38 % en brut. La valeur de réalisation des SCPI de bureaux perd 9,5 % sur l'année. 19 SCPI sont créées. |
| 2025 | 2,00 % | 4,56 Md€ | 4,91 % | Retournement partiel. 14 SCPI baissent leur prix, 17 le relèvent. Performance globale moyenne de + 1,46 %. |
| 2026 (S1) | 2,25 % | 2,3 Md€ | 1,14 % au T1 | 88 % des SCPI maintiennent leur prix au premier trimestre. La BCE relève ses taux en juin, pour la première fois depuis 2023. |
Trois enseignements se dégagent de cette séquence. D'abord, le taux de distribution moyen n'a jamais baissé pendant la crise : il a progressé chaque année, parce que le dividende rapporté à un prix de part réduit remonte mécaniquement. Ensuite, la collecte a mis deux ans à se retourner, et ce retournement s'est fait au profit d'un très petit nombre de véhicules. Enfin, la détente monétaire n'a pas été linéaire : après un point bas à 2 % en juin 2025, la BCE a relevé sa facilité de dépôt à 2,25 % le 17 juin 2026 sous l'effet des prix de l'énergie, avant de marquer une pause en juillet.
Les SCPI qui ont baissé leur prix de part en 2023
Voici les SCPI ayant ajusté leur prix de souscription à la baisse au cours de l'année 2023, avec l'ampleur de l'ajustement annoncé à l'époque. Cette liste est un instantané historique : elle décrit le déclenchement de la crise, pas la situation actuelle de ces véhicules.
- Accimmo Pierre : − 17,07 %
- Génépierre : − 17,04 %
- PFO2 : − 16,3 %
- PF Grand Paris : − 15,8 %
- Edissimmo : − 13,92 %
- Rivoli Avenir Patrimoine : − 12,44 %
- Patrimmo Commerce : − 10,66 %
- Efimmo : − 10,55 %
- Fructirégions Europe : − 9,87 %
- Opus Real : − 9,80 %
- AEW Diversification Allemagne : − 9,80 %
- LF Europimmo : − 9,57 %
- AEW Commerces Europe : − 9,52 %
- PF Hospitalité Europe : − 9,5 %
- Atout Pierre Diversification : − 9,22 %
- Sofipierre : − 9,16 %
- PFO : − 8,9 %
- Buroboutic : − 8,70 %
- Laffitte Pierre : − 8,44 %
- Ficommerce : − 7,85 %
- Elysées Pierre : − 7,04 %
- Crédit Mutuel Pierre 1 : − 7,02 %
Deux constantes ressortent. La quasi-totalité de ces SCPI sont des véhicules anciens, de grande taille, à dominante de bureaux franciliens ou de commerces, dont le patrimoine a été constitué pendant le cycle de taux bas. Aucune SCPI lancée après 2020 n'y figure, pour une raison simple : leurs actifs avaient été acquis aux conditions de marché postérieures à la correction.
Ce que ces SCPI sont devenues entre 2024 et 2026
La liste de 2023 n'a pas été un point d'arrivée. Les ajustements se sont poursuivis en 2024 puis au premier trimestre 2025, où treize SCPI ont encore réduit leur prix de souscription tandis que sept le relevaient, les véhicules de bureaux enregistrant une baisse moyenne de 4,9 % sur le seul trimestre.
Pour les véhicules les plus tendus, la baisse du prix n'a pas suffi à rétablir l'équilibre entre retraits et souscriptions. Plusieurs sociétés de gestion ont alors changé d'outil et suspendu la variabilité du capital, transformant de fait la SCPI en capital fixe. Primopierre en est le cas le plus emblématique, avec une assemblée générale extraordinaire tenue le 7 janvier 2026.
Une conséquence à comprendre pour les associés concernés. Le passage en capital fixe annule les demandes de retrait en attente. L'associé qui souhaite sortir doit désormais trouver lui-même un acheteur sur le marché secondaire, par confrontation des ordres ou de gré à gré, à un prix qui se forme librement et qui ressort en pratique nettement en dessous de l'ancien prix de retrait. La sortie redevient possible, mais à une décote qui n'a plus de plancher réglementaire.
C'est ce qui explique un chiffre trompeur. Au 30 juin 2026, la valeur des parts en attente s'établissait à 1,9 milliard d'euros, soit 2,2 % de la capitalisation du marché, en recul de 31 % depuis fin 2025. L'ASPIM précise que, pour les SCPI, cette baisse résulte intégralement des suspensions de variabilité du capital et de la mise en place de marchés secondaires, et non d'une amélioration structurelle de la liquidité. Autrement dit, une partie du stock n'a pas été résorbée, elle a changé de guichet. Au 31 mars 2026, une trentaine de SCPI affichaient encore plus de 3 % de leur capital en attente de retrait.
Pourquoi la crise n'a pas touché tout le monde
Le trait le plus mal compris de cette crise est sa dispersion. Les chiffres 2025 de performance globale annuelle, qui additionnent le dividende et la variation du prix de part, le montrent sans ambiguïté.
| Stratégie de la SCPI | Performance globale 2025 |
|---|---|
| Diversifiée | + 6,3 % |
| Logistique et locaux d'activité | + 5,8 % |
| Hôtels, tourisme, loisirs | + 5,1 % |
| Commerces | + 4,1 % |
| Prépondérance bureaux | Proche de zéro |
| Santé et éducation | − 1,3 % |
| Résidentiel | − 4,5 % |
Plus de dix points séparent les extrêmes, si bien que la moyenne du marché ne décrit plus aucune SCPI réelle. Quatre facteurs expliquent cette dispersion.
La typologie d'actifs
Le bureau concentre l'essentiel de la correction, parce qu'il cumule le choc de taux et un changement d'usage engagé avant lui avec le télétravail. Encore faut-il distinguer : un immeuble récent, aux normes, bien situé et adapté aux nouveaux modes de travail ne se compare pas à un actif de seconde couronne des années 1990.
La date de constitution du patrimoine
Une SCPI qui a acheté entre 2015 et 2021 porte des actifs valorisés sur des taux de rendement écrasés. Une SCPI qui achète depuis 2023 acquiert aux nouvelles conditions, ce qui préserve la valeur de son parc et soutient son rendement.
Le rapport entre collecte et capitalisation
Une SCPI qui collecte beaucoup au regard de sa taille dilue ses actifs anciens dans des acquisitions récentes, et dispose des liquidités nécessaires pour servir les retraits. L'inverse produit un cercle vicieux : plus de retraits, moins de collecte, donc encore moins de capacité à servir les retraits.
L'endettement
Le ratio de dettes et engagements des SCPI est revenu à 18,4 % en 2024, contre 21,4 % fin 2023. Une SCPI endettée subit doublement la hausse des taux, par le coût de sa dette et par l'effet de levier négatif sur la valeur de son actif net.
La géographie joue enfin son rôle. Les marchés qui ont corrigé tôt et fortement, comme les Pays-Bas, ont offert des points d'entrée que les SCPI européennes récentes ont exploités, avec des rendements immobiliers supérieurs à ceux disponibles en France à risque comparable.
Ce que la crise a changé dans les règles
La séquence a produit une évolution réglementaire durable. L'ordonnance du 4 juillet 2024 portant modernisation des fonds d'investissement alternatifs impose désormais aux SCPI deux évaluations par an de leur patrimoine immobilier, au lieu d'une seule, et encadre plus précisément le processus de validation des valeurs de reconstitution et de réalisation. Elle élargit par ailleurs l'objet social des SCPI, qui peuvent acquérir les meubles et équipements nécessaires à l'exploitation de leurs immeubles.
Conséquence pratique pour l'associé : les ajustements de prix seront à l'avenir plus fréquents et de moindre amplitude. Le choc de 2023, qui concentrait sur une seule décision annuelle une correction accumulée sur dix-huit mois, devrait moins se reproduire sous cette forme.
L'ASPIM a également généralisé la publication de la performance globale annuelle, qui additionne le taux de distribution et la variation du prix de part. C'est l'indicateur pertinent pour juger une SCPI dans une phase de correction, et il figure désormais dans notre classement des SCPI.
Une SCPI affiche un taux de distribution de 5,20 % au titre de 2025. Son prix de part est passé de 200 € à 188 € au 1er avril de la même année, soit un recul de 6 %.
Taux de distribution affiché : + 5,20 %
Variation du prix de part : − 6,00 %
Performance globale annuelle : − 0,80 %
L'associé a bien encaissé ses dividendes, mais son capital théorique a reculé davantage. La variation de prix ne se matérialise toutefois qu'à la revente, ce qui explique qu'un associé de long terme et un associé sur le point de sortir ne lisent pas ce chiffre de la même manière.
Comment vérifier si votre SCPI est concernée
Les informations utiles figurent toutes dans le bulletin trimestriel que la société de gestion adresse à ses associés.
- Repérez le montant des parts en attente de retrait Il est exprimé en nombre de parts, en euros, ou les deux. Rapportez-le à la capitalisation indiquée sur le même document. Au-delà de 3 % du capital en attente, la situation est tendue ; au-delà de 10 %, elle est critique.
- Comparez le prix de souscription à la valeur de reconstitution Un prix inférieur à la valeur de reconstitution signale une décote, un prix supérieur une surcote. L'écart doit rester dans la fourchette de plus ou moins 10 % : proche de la borne basse, une revalorisation est possible ; proche de la borne haute, une baisse devient probable.
- Lisez le taux d'occupation financier et l'échéancier des baux Un taux d'occupation qui se dégrade trimestre après trimestre, ou une échéance de baux concentrée sur les douze mois à venir, annonce une pression sur les loyers, donc sur le dividende.
- Vérifiez le régime du capital Le bulletin précise si la SCPI est à capital variable, à capital fixe, ou si la variabilité a été suspendue. C'est cette mention qui détermine par quel canal une sortie est possible.
- Regardez la collecte du trimestre Une collecte brute qui couvre les demandes de retrait signifie que la sortie reste fluide. Une collecte nulle ou négative signifie que le carnet d'ordres ne se videra pas seul.
Les options d'un associé dont la SCPI est touchée
La question posée par un associé déjà investi n'est pas celle d'un candidat à la souscription. Voici les mécanismes existants, indépendamment de toute situation individuelle.
Cinq voies possibles
- Conserver. La baisse du prix de part n'est constatée qu'à la revente et n'affecte pas les loyers encaissés. Sur l'horizon de huit à dix ans qui est celui de la classe d'actifs, l'arbitrage se joue sur la qualité du patrimoine et la capacité de la société de gestion à arbitrer ses actifs.
- Demander le retrait. Sur une SCPI à capital variable dont la collecte reste supérieure aux retraits, la sortie s'effectue au prix de retrait, généralement égal au prix de souscription diminué de la commission de souscription.
- Passer par le marché secondaire. Sur une SCPI à capital fixe, ou dont la variabilité a été suspendue, la cession s'opère par confrontation d'ordres ou de gré à gré, à un prix qui peut s'éloigner sensiblement de la valeur de reconstitution.
- Transmettre ou démembrer. Un prix de part déprécié réduit l'assiette d'une donation, ce qui peut servir un objectif de transmission. Le sujet est traité sur notre page démembrement immobilier.
- Arbitrer en assurance vie. Lorsque les parts sont logées dans un contrat, l'arbitrage vers une autre unité de compte s'effectue sans frottement fiscal, sous réserve des conditions du contrat et de la liquidité du support, que l'assureur peut restreindre.
Où en est le marché en 2026
Le marché compte 231 SCPI actives gérées par 55 sociétés de gestion, pour une capitalisation d'environ 88,7 milliards d'euros, en hausse de 3,3 % sur douze mois. La collecte nette a atteint 1,2 milliard d'euros au premier trimestre 2026, puis 1,1 milliard au deuxième, soit un léger tassement après cinq trimestres de progression.
Sur le front des prix, 88 % des SCPI ont maintenu leur prix de souscription au premier trimestre 2026, 8 % l'ont baissé et 4 % l'ont relevé. La phase d'ajustement massif est donc close, sans que le mouvement soit uniforme pour autant.
Deux points de vigilance subsistent. Le premier tient à la concentration : les SCPI diversifiées ont capté 81 % des souscriptions nettes du premier trimestre 2026, ce qui laisse la majorité des véhicules sans collecte pour financer leurs retraits. Le second tient aux taux : la remontée de juin 2026, motivée par les prix de l'énergie, rappelle que le scénario d'une détente monétaire continue n'est pas acquis, et qu'une nouvelle phase de hausse pèserait de nouveau sur les valeurs d'expertise.
Les erreurs fréquentes de lecture
Raisonner sur la moyenne du marché. Entre + 6,3 % et − 4,5 % de performance globale selon la stratégie, la moyenne de + 1,46 % ne décrit aucune SCPI existante. Elle sert à mesurer une tendance, pas à juger un véhicule.
Confondre taux de distribution et performance. Un taux de distribution élevé peut coexister avec une part qui baisse. Seule la performance globale annuelle réconcilie les deux.
Lire une baisse de parts en attente comme un retour à la liquidité. Depuis 2026, ce recul provient largement d'annulations de demandes consécutives aux suspensions de variabilité du capital, et non de retraits servis.
Traiter la SCPI et la SCI en assurance vie comme un même objet. Leur régime de liquidité diffère, et c'est précisément ce qui explique l'écart d'amplitude observé en 2023.
Considérer qu'une part décotée est mécaniquement une bonne affaire. Une décote peut refléter un patrimoine en cours de dégradation autant qu'un ajustement achevé. La distinction se fait sur le taux d'occupation, l'échéancier des baux et la capacité de la SCPI à investir.
Lexique des termes employés
- Valeur de réalisation
- Valeur vénale des actifs immobiliers de la SCPI, telle qu'établie par les experts, augmentée de la valeur des actifs financiers, rapportée au nombre de parts.
- Valeur de reconstitution
- Valeur de réalisation augmentée de l'ensemble des frais et droits qu'il faudrait supporter pour reconstituer le patrimoine de la SCPI. Le prix de souscription doit rester dans une fourchette de plus ou moins 10 % autour d'elle.
- Taux de distribution
- Dividende brut versé au titre de l'année, rapporté au prix de souscription au 1er janvier. Il ne tient pas compte de la variation du prix de la part.
- Performance globale annuelle
- Somme du taux de distribution et de la variation du prix de part sur l'année. C'est l'indicateur qui rend compte de la performance réelle en période d'ajustement des valeurs.
- Parts en attente de retrait
- Parts dont le retrait a été demandé par un associé et n'a pas encore été servi, faute de souscriptions nouvelles en contrepartie. Rapportées à la capitalisation, elles mesurent la tension sur la liquidité.
- Capital variable et capital fixe
- Dans une SCPI à capital variable, les souscriptions et retraits s'effectuent en continu auprès de la société de gestion. Dans une SCPI à capital fixe, les cessions passent par un marché secondaire où le prix résulte de la confrontation des ordres.
- Taux d'occupation financier (TOF)
- Part des loyers effectivement facturés rapportée aux loyers qui seraient perçus si l'intégralité du patrimoine était louée.
- Marché secondaire
- Marché sur lequel les parts changent de main entre associés, par confrontation des ordres ou de gré à gré, sans intervention de la collecte.
Questions fréquentes sur la crise des SCPI
La crise des SCPI est-elle terminée ?
Elle est terminée pour la majeure partie du marché et ne l'est pas pour une minorité de véhicules. Au premier trimestre 2026, 88 % des SCPI ont maintenu leur prix de souscription et la collecte nette progresse depuis mi-2025. Mais une trentaine de SCPI affichaient encore plus de 3 % de leur capital en attente de retrait à fin mars 2026, et plusieurs ont dû suspendre la variabilité de leur capital.
La baisse du prix de part fait-elle baisser mes revenus ?
Non. Le dividende dépend des loyers encaissés par la SCPI, pas du prix de la part. C'est d'ailleurs pour cette raison que le taux de distribution moyen du marché a progressé chaque année pendant la crise, passant de 4,52 % en 2023 à 4,91 % en 2025. Une baisse des loyers peut survenir, mais elle procède d'une autre cause : vacance locative, départ de locataires ou renégociation de baux.
Que se passe-t-il si ma SCPI passe en capital fixe ?
Les demandes de retrait en attente sont annulées. La cession s'effectue ensuite sur le marché secondaire, par confrontation des ordres d'achat et de vente ou de gré à gré. Le prix n'est plus encadré par la valeur de reconstitution et se forme librement, ce qui se traduit en pratique par une décote par rapport à l'ancien prix de retrait.
Comment savoir si ma SCPI est bloquée ?
Le bulletin trimestriel de la SCPI indique le nombre de parts en attente de retrait et le rapporte à la capitalisation. Au-delà de 3 % du capital en attente, la situation est tendue ; au-delà de 10 %, elle est critique. L'ASPIM publie par ailleurs chaque trimestre le montant agrégé des parts en attente pour l'ensemble du marché.
Une baisse du prix de part est-elle une opportunité d'entrée ?
Elle l'est lorsque la baisse a rétabli la cohérence entre le prix de souscription et la valeur du patrimoine, et que la SCPI conserve une collecte suffisante pour saisir des opportunités. Elle ne l'est pas lorsqu'elle traduit une dégradation locative durable ou lorsqu'elle intervient sur un véhicule qui ne collecte plus et devra vendre des actifs dans de mauvaises conditions. La lecture de la valeur de reconstitution et du taux d'occupation financier permet de distinguer les deux cas.
Pourquoi les SCI en assurance vie ont-elles davantage baissé ?
Parce que leur valeur liquidative est publiée à un rythme rapproché et que l'arbitrage y est immédiat. Les demandes de sortie ont contraint certains fonds à céder des actifs pour honorer les rachats, ce qui a amplifié la baisse au-delà du seul recul des valeurs immobilières. La SCPI détenue en direct, dont l'horizon est long et la sortie plus lente, n'a pas connu ce phénomène avec la même intensité.
Une nouvelle vague de baisses est-elle possible ?
Elle dépend de deux variables : la trajectoire des taux et l'évolution des valeurs d'expertise. La remontée de la facilité de dépôt de la BCE à 2,25 % en juin 2026 rappelle que la détente monétaire n'est pas linéaire. Depuis l'ordonnance du 4 juillet 2024, les patrimoines sont expertisés deux fois par an, ce qui devrait produire des ajustements plus fréquents mais de moindre amplitude.
Les SCPI récentes ont-elles été épargnées ?
Elles n'ont pas subi la correction de la même manière, puisque leur patrimoine a été constitué après la remontée des taux, à des conditions de marché déjà ajustées. Elles portent en revanche d'autres risques, liés à leur taille réduite, à la concentration de leur portefeuille et à l'absence d'historique de gestion sur un cycle complet.
Pour aller plus loin
Faire le point sur vos parts de SCPI
Un examen de vos bulletins trimestriels permet de situer chaque ligne de votre portefeuille : niveau de décote, tension sur les retraits, régime du capital et échéancier des baux.
Prendre rendez-vousLes SCPI sont des placements immobiliers de long terme. Le capital investi n'est pas garanti et les revenus distribués ne le sont pas davantage : ils dépendent des loyers effectivement encaissés et de la valeur des actifs détenus, qui peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse.
La liquidité n'est pas garantie. La revente des parts dépend, selon le régime du capital, de l'existence de souscriptions nouvelles ou de la présence d'acheteurs sur le marché secondaire. Les délais de sortie peuvent être longs et le prix obtenu inférieur au prix de souscription. La durée de placement recommandée est d'au moins huit à dix ans.
Les données de marché citées proviennent des publications de l'ASPIM et de l'IEIF et sont arrêtées aux dates indiquées. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Cet article présente une information générale et ne constitue ni une recommandation personnalisée, ni une incitation à souscrire. Avant toute décision, prenez connaissance de l'ensemble des documents réglementaires : document d'informations clés, note d'information, statuts, bulletin trimestriel, rapport annuel et bulletin de souscription.